Groupe LR au Sénat : Tracfin pointe d'étranges opérations financières

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Groupe LR au Sénat : Tracfin pointe d'étranges opérations financières
@ JEAN CHRISTOPHE MAGNENET / AFP
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Sur la base d'un rapport de Bercy, deux juges s'intéressent à des sommes versées par le groupe Les républicains au Sénat, directement à des sénateurs, entre 2012 et 2015.

La justice se penche sur des opérations bancaires du groupe Les Républicains au Sénat, effectuées entre 2012 et mi-2015, assure Mediapart dimanche. Selon le site d'investigation, les juges René Cros et Emmanuelle Legrand, déjà saisis de soupçons "d’abus de confiance" et de "détournements de fonds publics" envers de petites associations de sénateurs UMP, "s'intéressent" à des sommes (d'argent public) qu'auraient directement reçu certains sénateurs, en provenance du groupe UMP à cette époque. "À quel titre ? De quel droit ?", se demande Mediapart. C'est ce qu'essaient de déterminer les juges.

"Je n'ai pas pris d'argent de poche". Les juges se basent sur un rapport de Tracfin, le service anti-blanchiment de Bercy. Ce service "est ainsi tombé sur un chapelet de virements ou de chèques signés au profit de sénateurs en personne, alors même que les élus perçoivent déjà plusieurs enveloppes officielles de la part du Sénat (7.100 euros d’indemnité de base, plus 6.000 euros d’IRFM pour frais de mandat, plus un crédit de 7 500 euros pour rémunérer des assistants)", écrit Mediapart.

130.000 euros pour Gaudin. Premier destinateur de ces versements dont les juges semblent ignorer la justification : Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire de Marseille, qui aurait ainsi perçu 130.000 euros entre 2012 et 2015. Le nom du sénateur-maire de Toulon, Hubert Falco, apparaît également. Tout comme celui de l'ancien sénateur André Dulait, 77 ans qui, lui, a accepté de s'expliquer : "C’était pour des activités politiques, je n’ai pas pris d’argent de poche. […] Des activités de soutiens à des associations locales. […] Récemment, pour des manifestations cinématographiques", se justifie l'ancien élu, selon qui la "réserve parlementaire", déjà destinée à ce type de fonctionnement, n'est "pas suffisante". "Si je suis condamné, ce dont je doute fort, je ferai face !", conclut l'élu, avant de "raccrocher au nez" de Mediapart.