Policiers : Cazeneuve a "conscience de l'urgence"

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 Policiers : Cazeneuve a "conscience de l'urgence"
Les syndicats de la police nationale ont été reçus à l'Élysée par François Hollande et Bernard Cazeneuve.@ STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP
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Après dix jours de manifestations, Bernard Cazeneuve a annoncé mercredi des mesures pour les policiers, reçus auparavant par le président François Hollande.

Face à la grogne des policiers qui dure depuis dix jours, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé mercredi soir "un effort supplémentaire", en affirmant que le gouvernement avait "conscience de l'urgence" à répondre aux revendications des forces de l'ordre. "Un effort supplémentaire est nécessaire aujourd'hui (...) nous le ferons dans le dialogue et l'exacte conscience de l'urgence", a indiqué le ministre, promettant une "enveloppe globale de 250 millions" allouée aux équipements, à l'issue d'une réunion du président de la République à l'Élysée avec les syndicats de police.

250 millions d'euros. Il s'agit, selon le ministre, d'un "plan qui se donne les moyens de ses ambitions puisqu'il représente une enveloppe globale de 250 millions", décidée "notamment dans le cadre de la loi de finances 2017". Les "compagnies départementales d'intervention et des compagnies de sécurisation" recevront ainsi des casques balistiques, des gilets pare-balles porte-plaques et des fusils d'assaut HK G36. Le ministre a aussi promis "dès le 1er janvier 2017" la livraison, entre autres, de 20.000 gilets pare-balles, de 8.000 casques et visières, de 4.730 boucliers ainsi que de nouvelles armes.

Un effort supplémentaire est nécessaire aujourd'hui

3.080 véhicules neufs. Il a également évoqué le déploiement de "tenues résistantes au feu", du renforcement du vitrage des véhicules banalisés et sérigraphiés, et de "véhicules particulièrement protégés" dans les "quartiers les plus sensibles". Enfin, le renouvellement du parc automobile "devra bien entendu se poursuivre": "En 2017 ce sont 3.080 véhicules neufs qui seront livrés pour la police nationale et 3.300 pour la gendarmerie", a précisé Barnard Cazeneuve.

Protéger l'anonymat des policiers. Le gouvernement souhaite également "durcir les sanctions" pour "outrages" à l'encontre des forces de l'ordre en alignant la peine encourue à celle prévue pour l'outrage à magistrat. Elle est actuellement de six mois d'emprisonnement pour outrage envers les agents dépositaires de l'autorité publique, contre un an envers les magistrats. Les mesures pour protéger l'anonymat des policiers vont être renforcées, "dans le cadre des procédures qui le justifient" mais aussi pour "certaines interventions" lors desquelles les policiers pourront revêtir une cagoule. "Cette demande légitime a été exprimée par les syndicats de police, notamment après l'ignoble assassinat terroriste de Magnanville en juin dernier et j'y souscris pleinement", a dit le ministre.

Repenser la légitime défense. Par ailleurs, les ministères de l'Intérieur et de la Justice vont étudier "les conditions d'évolution de la légitime défense", dont les policiers réclament l'assouplissement des règles, afin de faire des "propositions", dès la fin novembre, au Parlement, a affirmé Bernard Cazeneuve. "Les conditions d'évolution de la légitime défense vont être étudiées pour protéger au maximum les forces de l'ordre dans un cadre juridique scrupuleusement conforme à l'État de droit", a affirmé le ministre de l'Intérieur à l'issue d'une rencontre avec les syndicats de policiers à l'Elysée. "Toutes ces mesures seront présentées devant le Parlement à la fin du mois de novembre", a précisé Bernard Cazeneuve.