Frédéric Mitterrand : la révocation de Mathieu Gallet est "politique"

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L’ancien ministre de la Culture, proche de Mathieu Gallet, a vivement critiqué la décision du CSA de révoquer le patron de Radio France.

INTERVIEW

Il ne mâche pas ses mots. Interrogé mercredi soir sur Europe 1, Frédéric Mitterrand estime que la révocation du patron de Radio France, Mathieu Gallet, par le CSA est une "révocation politique." "Il était devenu quelqu’un de pénible pour le gouvernement en place. Je pense que c’est une révocation politique. Il y a un soupçon fort", a déclaré l’ancien ministre de la Culture, proche du dirigeant de Radio France.

Mathieu Gallet a été condamné le 15 janvier dernier pour favoritisme lorsqu'il dirigeait l'INA (Institut national de l'audiovisuel), ce qui avait poussé le gouvernement à réclamer son départ. Seul le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel), qui l'avait nommé en 2014, était habilité à le révoquer. 

"Il souffrait de trois désavantages vis-à-vis du pouvoir en place." Selon Frédéric Mitterrand, dont Mathieu Gallet a été le directeur de cabinet adjoint quand il était ministre de la Culture, la décision du CSA ne s'est pas fondée sur la condamnation pour favoritisme de la justice. "Ce n’est pas la raison pour laquelle le CSA l’a écarté. Mathieu Gallet souffrait de trois désavantages vis-à-vis du pouvoir en place. Il y a d’abord ce tropisme de pureté, puis dans le contexte général de l’audiovisuel il devenait un personnage trop important."

"Enfin, c’est la rumeur selon laquelle Mathieu Gallet et Emmanuel Macron auraient eu une liaison. Je pense que cette rumeur, totalement fausse (Emmanuel Macron lui-même avait démenti avec ironie cette rumeur durant la campagne présidentielle), a tout de même exaspéré le président", appuie l'ancien ministre.

"La présomption d'innocence fonctionne encore". Frédéric Mitterrand demande enfin à ce que la présomption d'innocence soit respectée pour Mathieu Gallet, adoptant une ligne de défense similaire à celle des avocats de l'ancien patron de Radio France (ces derniers ont regretté que "la pression de l'État" ait été "plus forte que la présomption d'innocence").

"Je ne suis pas sûr des indications juridiques qui vont être fournies. Je constate que Mathieu Gallet n’est plus à l’INA, mais à Radio France. Tant que l’appel n’a pas été jugé, la présomption d’innocence fonctionne encore", a-t-il conclu. Mathieu Gallet a été condamné à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende pour avoir favorisé deux sociétés de conseil lorsqu'il présidait l'INA. Le dirigeant a fait appel et refusé de démissionner.