François Hollande face au désamour des profs

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Le président de la République défendra lundi son bilan, à l'occasion des "Journées de la refondation de l'Ecole de la République".

François Hollande se lance à la reconquête des enseignants, car sans eux ses chances de se qualifier pour un second mandat, déjà bien minces, sont définitivement compromises. À cette fin, le président de la République et son gouvernement vont se lancer pendant deux jours, lundi et mardi, lors des "Journées de la refondation de l'Ecole de la République", dans un grand numéro de séduction.

Reconquête. Si 44% des profs ont voté Hollande en 2012, ils ne sont plus que 26% à le soutenir pour 2017, selon l'Ifop, soit une chute de 18 points. Les profs ont le sentiment de s’être fait blouser. En 2012, le candidat Hollande avait fait campagne sur la jeunesse et sur la création de 60 000 postes dans l’éducation, des promesses largement éclipsées par la réforme des rythmes scolaires et celle du collège pour la rentrée prochaine. Pour compenser, François Hollande va sortir le carnet de chèque. Les instituteurs, premiers impactés par la réforme des rythmes scolaires, vont toucher une prime de 800 euros annuels, ce qui représente plus de 250 millions pour le budget de l'Etat.

Hollande face à 2.000 personnels de l'éducation. François Hollande viendra également lundi défendre son bilan aux assises de la refondation de l’école, un grand raout qui doit durer deux jours avec quelque 2.000 instituteurs, professeurs et conseillers d’éducation. Vincent Peillon, Benoît Hamon et Najat Vallaud-Belkacem, les trois derniers ministres de l’Education, seront également présents dans une sorte d'union sacrée pour reconquérir les profs.

Divorce. Mais cette reconquête s'annonce difficile, parce qu'entre le professorat et le PS, la rupture est déjà consommée depuis plusieurs années. Claude Allègre, sous Lionel Jospin, voulait "dégraisser le mamouth", Ségolène Royal, en 2007, espérait mettre les enseignants aux 35 heures effectives en salle de classe. Et lorsque les socialistes s'en prennent aux professeurs, la sanction est immédiate : en 2002, c'est l'"effet Mamouth", les enseignants se dispersent vers Jean-Pierre Chevènement ou Christiane Taubira, et Lionel Jospin est éliminé dès le premier tour. En 2007, Ségolène Royal est elle aussi plombée par la démobilisation des enseignants.

Une clientèle politisée... et mobilisée. François Hollande n'oublie pas ces précédents. Après le point d’indice des fonctionnaires, il doit s’assurer le soutien de cette clientèle très politisée. Pour les convaincre, il a de nombreux arguments : en 2015, le budget de l’Education est redevenu le premier poste de dépense, repassant devant la Défense. Les 60.000 postes seront bouclés et les primes rehaussées. Mais ces mesures ne suffiront peut-être pas. Le climat social autour de la loi Travail est un bon indicateur, si l’on en juge par le suivi de la grève à l’école, lors des dernières journées de mobilisation.