François Bayrou demande "une enquête" après les révélations de Buisson

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Pour le président du MoDem, il est indispensable de démêler le vrai du faux dans l'affaire des émeutes de 2006 aux Invalides que, selon Patrick Buisson, Nicolas Sarkozy aurait laissé se dérouler.

INTERVIEW

Après la publication, jeudi, du livre de l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, François Bayrou veut savoir. Que s'est-il passé en 2006, pendant les manifestations anti-CPE qui ont dégénéré en émeutes, aux Invalides, à Paris ? "Il y a une chose extrêmement lourde dans le livre de monsieur Buisson, c'est l'affirmation selon laquelle Nicolas Sarkozy a fait exprès de favoriser les incidents si graves qui avaient eu lieu" à cette époque, a déclaré le président du MoDem au micro d'Europe 1.

Forfaiture. "Si c'est vrai, c'est une forfaiture", a-t-il poursuivi, fustigeant une attitude destinée à "effrayer les populations et servir des desseins électoraux". "J'imagine qu'on a tous les moyens de savoir si c'est vrai. Il faut qu'il y ait une enquête." Selon Patrick Buisson en effet, Nicolas Sarkozy savait que des jeunes s'apprêtaient à jouer les casseurs. "Nous avions pris la décision de laisser les bandes de blacks et de beurs agresser les jeunes Blancs aux Invalides, tout en informant les photographes de Paris Match", écrit l'ancien conseiller dans son ouvrage. "L'émotion fut en effet à son comble après la publication des photos […] dont l'opinion ne retiendrait qu'une chose : des hordes sauvages étaient entrées dans Paris." Depuis, Bruno Jeudy, rédacteur en chef de l'hebdomadaire, a assuré que "Paris Match n'a jamais été contacté par le ministère de l'Intérieur" de l'époque mais avait "acheté les photos à une agence qui s'appelle Gamma."

Piques assassines. Par ailleurs, le livre de Patrick Buisson fait l'inventaire des piques assassines adressées par Nicolas Sarkozy à ses adversaires comme à ses amis politiques. L'ancien président aurait ainsi qualifié Gérard Larcher de "trop laid" pour être ministre, Christian Estrosi d'"abruti" ou encore Xavier Bertrand de "méchant". Pas de quoi choquer François Bayrou. "C'est un certain nombre de choses qu'on savait [déjà] sur le caractère de Nicolas Sarkozy, qu'il m'est déjà arrivé moi-même de souligner", a déclaré le président du MoDem.