Fillon sur le Brexit : "On ne va pas jouer au même jeu" que le Royaume-Uni

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L’ancien Premier ministre a estimé que l'organisation d'un référendum sur l'Union européenne n'était pas souhaitable en France, dimanche, sur Europe 1. 

INTERVIEW

"Le Brexit est un coup de tonnerre pour l'Union européenne". L’analyse est signée François Fillon, par voie de communiqué. Au lendemain du vote des britanniques entérinant leur sortie de l’Union européenne, l’ancien Premier ministre était l’invité du Grand rendez-vous d’Europe 1-Le Monde – iTELE. Et pour le député de Paris, cette décision aura "des conséquences durables sur l'avenir de l'Europe". "Cette décision ne peut pas se traduire par des incertitudes qui vont durer des années, il faut que les choses soient tranchées rapidement, sans agressivité à l'égard du Royaume-Uni mais sans complaisance non plus", estime le candidat à la primaire LR

"Mettre de côté les fonctionnaires britanniques". "La France n'a pas à se mêler de la politique intérieure de la Grande-Bretagne, c'est aux Anglais de décider quel sera leur calendrier", a cependant rappelé François Fillon, rappelant que les textes prévoyaient une période de deux ans pour organiser ce "Brexit". "Mais la première décision que doit prendre l'Union européenne, c'est de mettre de côté tous les fonctionnaires britanniques qui siègent dans les commissions et dans les administrations européennes", a jugé l'ancien Premier ministre, ajoutant que "les parlementaires britanniques ne doivent plus participer aux votes au parlement européen". 

"On ne va pas jouer au même jeu". Un référendum similaire pourrait-il être organisé en France ? "Est ce qu'on peut engager l'avenir d'un pays, d'une civilisation, en jouant à la roulette ?", interroge François Fillon. "C'est ce qu'a fait David Cameron. Il restera dans l'histoire comme celui qui aura fait sortir la Grande-Bretagne de l'UE pour des raisons politiques. On ne va pas jouer au même jeu", balaye l'ancien Premier ministre, appelant à poursuivre les "chantiers laissés en plan dans les années 80" : "les frontières" et "la monnaie européenne". "Il faut engager un débat démocratique qui permette à tous les responsables politiques de s'exprimer", estime l'ancien Premier ministre, excluant également d'avoir recours à un nouveau traité dans l'immédiat, s'opposant à Nicolas Sarkozy. "Je pense que ça viendra couronner un processus, on est très, très loin aujourd'hui de négocier un nouveau traité", a jugé François Fillon. 

Renégocier les accords du Touquet. François Fillon a également soutenu les propos de Xavier Bertrand, qui a déclaré sur Europe 1 que les Anglais devaient "reprendre leurs frontières". "Xavier Bertrand a raison de réclamer la renégociation des accords du Touquet", qui fixent la frontière à Calais et non à Douvres, a jugé l'ancien Premier ministre, estimant que "l'équilibre est rompu" entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.