Béziers : Ménard répète à la police qu'il "n'existe pas de fichier"

  • A
  • A
Béziers : Ménard répète à la police qu'il "n'existe pas de fichier"
@ PASCAL GUYOT / AFP
Partagez sur :

POLÉMIQUE - Visé par une enquête après avoir évoqué un décompte des élèves musulmans de sa commune, le maire de Béziers a été entendu mercredi devant les policiers de Montpellier.

Le maire de Béziers Robert Ménard, visé depuis mardi par une enquête après avoir évoqué un décompte des élèves musulmans, a été entendu mercredi pendant plus d'une heure dans les locaux de la PJ de Montpellier. Durant son audition, le maire de Béziers, élu grâce au soutien du FN, a répété devant les policiers de la PJ de Montpellier "qu'il n'existait pas de fichier". Cette convocation devant le chef de la division économique et financière de la PJ montpelliéraine, a suivi l'ouverture mardi par le procureur de Béziers d'une enquête préliminaire pour "tenue illégale de fichiers en raison de l'origine ethnique".

"Mettre un terme à cette affaire". Selon une source proche de l'enquête, l'entretien s'est bien passé et Robert Ménard s'est montré coopératif. L'élu était arrivé discrètement par l'entrée de service à 9h40 à l'hôtel de police dans une voiture de la mairie. Il en est ressorti à 11 heures, sans faire de déclaration à la presse. Dans un communiqué, la mairie a toutefois indiqué mercredi que Robert Ménard avait "confirmé" aux enquêteurs de la PJ "qu'il n'existait pas de fichiers ou de comptabilité en mairie" d'élèves de confession musulmane, comme l'avait montré la perquisition effectuée mardi "en vain" en mairie.

Dès mardi, une perquisition a en effet été effectuée pendant plusieurs heures dans les bureaux de la mairie, ne donnant lieu à aucune saisie. Les quatre policiers, spécialistes en informatique qui ont scruté les ordinateurs, n'ont trouvé aucune trace de fichiers ou de fichiers effacés récemment, a précisé une source proche de l'enquête. "Il appartient désormais à la justice de mettre un terme, dans les délais qu'elle jugera bon, à cette affaire", a ajouté la mairie.

"Les prénoms disent les confessions". Cette convocation devant les policiers a suivi l'ouverture mardi par le procureur de Béziers d'une enquête préliminaire pour "tenue illégale de fichiers en raison de l'origine ethnique", à la suite des déclarations de l'édile dans l'émission Mots Croisés de France 2 lundi soir.

Il y a "64,6%" d'élèves de confession musulmane dans les école publiques de Béziers, avait lancé Robert Ménard. "Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de le dire, le maire a, classe par classe, les noms des enfants. Je sais que je n'ai pas le droit de le faire. Pardon de le dire, les prénoms disent les confessions. Dire l'inverse, c'est nier l'évidence", a répondu Robert Ménard en fin d'émission à un internaute qui s'interrogeait sur ce pourcentage.

"Il n'y a pas de fichage des élèves à Béziers (...) et il n'y en aura jamais", a cependant assuré le maire lors d'une conférence de presse mardi après-midi, ajoutant qu'il réservait "ses autres réponses au juge d'instruction si on les lui demande".

"Contraire à toutes les valeurs de la République". En visite officielle à Riyad mardi, François Hollande a vivement critiqué Robert Ménard, estimant que le fichage était "contraire à toutes les valeurs de la République".  "Honte au maire" de Béziers, avait déclaré dès le matin Manuel Valls dans un tweet, ajoutant que "la République ne fait aucune distinction parmi ses enfants".

Invitée mardi du Club de la presse d'Europe 1, Christiane Taubira a elle aussi condamné Robert Ménard. "C'est dramatique ce qu'il a fait ! Il prend des prénoms d'enfants et décrète qu'ils sont musulmans !", s'est insurgée la garde des Sceaux. "Non seulement c'est contraire à la loi, mais c'est complètement imbécile car il n'y a pas de correspondance systématique entre les prénoms".