Faut-il supprimer les subventions aux partis politiques ?

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L'AVIS DE - Les partis toucheront 63 millions d'euros d'argent public cette année. Un financement qui "n'est pas du tout sain", dénonce l'association Contribuables associés.

La question qui fâche. Rémunération de l'épouse de Jean-François Copé, voyages en hélicoptère de François Fillon, factures téléphoniques de Rachida Dati… Si les affaires liées aux dépenses de l'UMP font autant scandale, c'est parce que cet argent est public, tout du moins en partie. La loi prévoit en effet un financement des partis politiques par l'Etat. Mais dans ce contexte, certaines voix s'élèvent contre ces subventions. Invitée jeudi sur Europe 1, Benoîte Taffin, porte-parole de Contribuables associés, milite pour la suppression pure et simple des aides publiques aux partis. "Il n'est pas du tout sain que le monde politique soit financé par l'argent des contribuables", affirme-t-elle.

Qui touche combien ? Pour l'année 2014, un peu plus de 63 millions d'euros seront versés aux partis politiques, selon un décret paru en février au Journal officiel. Et pour toucher une grosse part du gâteau, mieux vaut avoir réussi ses élections législatives. En effet, l'argent versé à un parti dépend d'une part de son score obtenu lors des dernières législatives, d'autre part du nombre de parlementaires qui déclarent se rattacher à ce parti. Sans surprise, ce sont donc le PS et l'UMP qui se partagent l'essentiel de ces fonds publics.

>> Combien touchent les partis politiques en 2014 ? La réponse en graphique :

Dans un contexte pourri par les affaires, Benoîte Taffin, de Contribuables associés, remet en cause l'existence même de ces subventions. "On pense qu'un organisme dynamique, digne de ce nom, doit pouvoir se financer avec les cotisations de ses membres, avec les dons des particuliers qui soutiennent ses idées, et qu'il n'est pas du tout sain que le monde politique soit financé par l'argent des contribuables", explique-t-elle.

"C'est la prime aux grands partis". "Il y a une espèce de 'fonctionnarisation', l'argent tombe", dénonce Benoîte Taffin, à qui il semble "beaucoup plus démocratique qu'un organisme comme un parti politique puisse vivre du dynamisme de ses membres". "En plus, c'est la prime aux grands partis", ajoute-t-elle. "Ce n'est pas très démocratique". Par ailleurs, Benoîte Taffin doute de la façon dont sont gérés ces fonds publics : "je crains que les affaires les plus récentes ne donnent pas une impression extrêmement vertueuse aux électeurs et aux contribuables".

On lui rétorquera que la suppression des aides publiques pourrait avoir des conséquences pires, chacun devant se démener pour trouver des financements par tous les moyens. "Vous ne croyez pas que les partis seraient moins dépensiers et un peu plus vertueux s'ils étaient obligés de courir après chaque euro auprès de leurs membres et de leurs sympathisants ?", réfute-t-elle. "Quant à dire que ce financement public empêche les pratiques occultes, tout ce qui se passe ces derniers temps montre que ce n'est pas tout à fait vrai, c'est le moins qu'on puisse dire".

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