Fadela Amara, une insoumise au gouvernement

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Fondatrice et présidente du mouvement "Ni putes ni soumises", Fadela Amara, 43 ans, a été nommée mardi secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville. Elle est un des symboles de l'ouverture à la société civile de la seconde mouture du gouvernement de François Fillon.

Issue d'une famille kabyle de onze enfants - elle a quatre soeurs et six frères - Fadela Amara est une petite femme énergique, qui défend farouchement la laïcité, l'égalité et la mixité. Elle est devenue le porte-drapeau des filles de banlieues et de quartiers. "Le voile c'est le sceau de l'humiliation des femmes", déclarait-elle en 2003 au magazine L'Express. Née en 1964 à Clermont-Ferrand, d'un père ouvrier en bâtiment la semaine et travaillant dans les marchés le week-end, Fatiha, de son vrai prénom, rêvait de faire des études de lettres. Elle se dirigera finalement vers un CAP d'employée de bureau. A l'âge de 14 ans, en 1978, un drame changera le cours de sa vie. Son frère Malik est fauché par un chauffard et meurt quelques heures plus tard des suites de ses blessures. L'adolescente est révoltée par l'attitude des policiers sur place qui défendent le chauffard. A 16 ans, quand la mairie de Clermont-Ferrand décide de raser entièrement son quartier, elle organise du porte-à-porte pour en obtenir la réhabilitation. En 1983, elle participe à la marche des beurs et milite avec SOS Racisme à partir de 1986. En 1989, elle crée la "Commission femmes" dont le but est de dresser un état des lieux sur la situation des femmes des quartiers. En 2000, Fadela Amara est élue présidente de la Fédération nationale des maisons des potes (FNMP), puis devient un an plus tard conseillère municipale PS à Clermont-Ferrand. En 2002, elle organise à la Sorbonne des états généraux autour de plus de 250 femmes et rédige une pétition rassemblant près de 20.000 signataires. C'est en 2003, que Fadela Amara se fait connaître du grand public. Elle met en place un tour de France de "Ni putes ni soumises", un mouvement égalitariste qui en quelques mois connaît un retentissement national. Des représentantes de l'association sont reçues par le Premier ministre de l'époque Jean-Pierre Raffarin. Leur message a été incorporé au message officiel du 14 juillet 2003 à Paris. Le but de l'organisation, qui a fait des émules dans plusieurs pays européens, est de lutter contre les viols collectifs, le racisme, l'antisémitisme et toutes les autres formes de discriminations et de violences. En 2005, Fadela Amara est faite docteur honoris causa de l'Université libre de Bruxelles.