Fabius sur la Syrie : "La France ne décide pas seule"

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Laurent Fabius, l'ancien ministre des Affaires étrangères, a évoqué mardi sur Europe 1 le dossier syrien, fil rouge de ses quatre années au ministère des Affaires étrangères.

INTERVIEW

"Ce que nous n’avons pas réussi à faire, c’est (à améliorer, ndlr) la situation du Proche et du Moyen-Orient", a regretté Laurent Fabius mardi dans la Matinale d'Europe 1. L'ancien patron du quai d'Orsay espère que le président syrien Bachar al-Assad, "un criminel contre l'humanité", "n'a pas gagné". Il a évoqué le rôle de la France dans les négociations sur le dossier syrien. "Ce qu’il faut bien avoir à l’esprit, même si c’est décevant, c’est que la France ne décide pas seule. Quand d’une part un régime fait preuve d’une brutalité inouïe, quand d’autre part il est soutenu par la Russie et par l’Iran, quand un certain nombre de vos partenaires sont un peu pusillanimes…"

La "ligne rouge" d'Obama, un "tournant". Refusant de s'en critiquer frontalement aux Etats-Unis, Laurent Fabius a cependant évoqué "la ligne rouge" de Washington. "Quand on écrira l’histoire, on écrira que c’est un tournant, pas seulement pour la crise du Moyen-Orient, mais aussi pour l’Ukraine, la Crimée et pour le monde." Le président américain Barack Obama avait déclaré à l'été 2012 que l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien serait une "ligne rouge". Il avait fait machine arrière presque un an plus tard, lorsque plusieurs rapports avaient fait état d'emploi d'armes chimiques par Damas contre ses opposants. 

Deux grands succès. Laurent Fabius a été ministre des Affaires étrangères de 2012 à 2016. L'ancien Premier ministre de François Mitterrand a obtenu l'élargissement de son portefeuille au Commerce extérieur et au Tourisme. Ces quatre années ont été marquées par deux grands succès diplomatiques : l'accord sur le climat à la COP21 en décembre et l'accord sur le programme nucléaire iranien, conclu en juillet. Sur le premier, l'engagement de Laurent Fabius, qui a pris le dossier à bras-le-corps, a été largement salué. En ce qui concerne le brûlant dossier syrien, son bilan est plus mitigé. Il a notamment fait volte-face en décembre, affirmant que le départ du président syrien Bachar al-Assad n'était plus un préalable à une transition politique dans le pays.