Fabius : "nous avons le cœur à Copenhague"

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Fabius : "nous avons le cœur à Copenhague"
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LE GRAND RENDEZ-VOUS - Le ministre des Affaires étrangères était l'invité d'Europe 1, Le Monde et iTélé, dimanche.

Laurent Fabius était dimanche l'invité du Grand Rendez-vous Europe 1 avec Le Monde et iTélé. Le ministre des Affaires étrangères a réagi aux attaques qui ont fait deux morts à Copenhague. "Aujourd'hui nous avons le cœur à Copenhague", a-t-il déclaré. "Nous sommes aux côtés de nos amis danois qui sont évidemment très secoués par tout cela".

Le "mimétisme" avec les attentats de Paris. Laurent Fabius a comparé ces fusillades avec les attentats de janvier à Paris. "Je suis frappé par le mimétisme de la séquence. D'abord une attaque contre le symbole de la liberté d'expression, ensuite une attaque contre les juifs et puis l'affrontement avec les policiers", a-t-il estimé. Pour lui, "le terrorisme est international, la réponse est internationale, et elle doit d'abord être européenne, d'où les initiatives que nous prenons".



Les terroristes, "ce sont de faux religieux et de vrais criminels. Ils s'appuient sur la religion mais ils l'usurpent", a encore martelé Laurent Fabius, pour qui "il faut que les religieux musulmans nous aident" dans la dénonciation de ces actes. "Il faut que l'Europe s'organise encore plus fortement qu'elle ne le fait" contre le terrorisme, a ajouté le ministre. "Il faut en même temps être implacable dans l'action qui est menée, et ne pas faire ce cadeau aux terroristes de rentrer dans l'opposition qu'ils souhaiteraient entre les communautés".

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Ukraine : un cessez-le-feu "globalement respecté". Laurent Fabius a aussi été interrogé sur la situation en Ukraine, où un cessez-le-feu est entré en vigueur dans la nuit de samedi à dimanche. "On peut dire globalement que le cessez-le-feu est respecté, même s'il y a eu ici ou là un certain nombre d'atteintes", a-t-il estimé, alors que deux civils ont été tués dimanche. "Quand vous passez d'un conflit ouvert à un cessez-le-feu, ça ne se fait pas simplement", a ajouté le patron du Quai d'Orsay. "Pour le moment, on peut dire que les choses vont dans le bon sens", a-t-il poursuivi, mais "nous sommes très vigilants", a-t-il précisé. Pour lui, "tout est une affaire d'application, de mise en œuvre".

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Rafale : "trois gagnants dans cet accord". Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, doit signer lundi au Caire la vente de 24 avions Rafale à l'Egypte. "Il y a trois gagnants dans cet accord : la France, l'Egypte et la stabilité dans la région", a commenté Laurent Fabius. D'abord, "la France évidemment, pour des raisons d'emploi et de commerce extérieur, c'est une très bonne chose". Ensuite, "pour l'Egypte, parce que ça la dote d'un matériel qui est extrêmement performant". Enfin, Laurent Fabius a salué des effets à venir de cette vente "pour la stabilité régionale". "L'Egypte, c'est le grand pays de l'ensemble de la zone arabe avec évidemment, selon que les choses fonctionnent ou pas, des conséquences sur la stabilité dans l'affaire israélo-palestinienne, dans la question syrienne, dans la question libyenne, etc. Il faut donc que l'Egypte ait les moyens de permettre cette stabilité et cette sécurité".

Laurent Fabius a répondu aux voix qui se sont élevées à gauche pour critiquer cette vente, dénonçant dans l'Egypte une "dictature militaire". "Ce n'est pas parce que nous vendons ces Rafales à l'Egypte que nous approuvons point par point tout ce qui est fait en politique intérieure", a-t-il expliqué. "Là-dessus, nous avons toujours été très clairs".

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"Bachar al-Assad n'a rien à envier à Daech". Interrogé sur la guerre en Syrie, Laurent Fabius a fermé la porte à toute négociation avec Bachar al-Assad. "On ne peut jamais faire d'un pyromane un pompier", a-t-il affirmé, estimant que "M. Bachar al-Assad n'a rien à envier à Daesh, et réciproquement, en termes de barbarie". "L'idée développée par certains qu'on pourrait trouver la paix en Syrie en faisant confiance à M. Bachar al-Assad et en pensant qu'il est l'avenir de son pays est une idée que je crois fausse", a poursuivi le chef de la diplomatie française. En effet, dans ce cas, "tous ceux qui étaient contre M. Bachar el-Assad n'auraient comme alternative que d'aller au soutien des terroristes de Daech", selon lui.