Estrosi : "Je n’imagine pas le général de Gaulle faire siffler quelqu’un qui appartient à son mouvement"

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Le président LR de la région PACA a estimé au micro d'Europe 1 qu'une partie de l'électorat de François Fillon s'était radicalisée, menaçant le rassemblement nécessaire à une victoire à la présidentielle.

INTERVIEW

Sa rencontre avec le leader d’En Marche!, début avril, a soulevé de vives critiques au sein de la droite, alors même qu'Emmanuel Macron a pris l'avantage sur François Fillon dans les enquêtes d'opinion depuis plusieurs semaines. Dans la perspective de cette rencontre, Christian Estrosi avait été copieusement sifflé par les soutiens du Sarthois lors d'un meeting à Toulon. "Je n'imagine [pas] le général de Gaulle faire siffler quelqu'un qui appartient à son mouvement dans l'un de ses meetings", a-t-il déclaré dimanche matin, au micro du Grand Rendez-vous d'Europe 1/CNews/Les Echos.

Un "électorat extrêmement radicalisé". 'Je préfère penser que lorsque l'on veut rassembler son pays, on commence par rassembler sa famille", a encore estimé le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il pointe également la radicalisation d'une partie de l'électorat de droite, "une partie de l'électorat, que je ne voyais pas traditionnellement dans nos meetings, est extrêmement radicalisée".

"Rassembler" au lieu de "ressembler". "Il y a ceux autour de lui [de François Fillon, ndlr] qui veulent absolument se montrer plus durs, plus violents dans la surenchère pour attirer l'attention du chef, pour gagner un hochet ou un secrétariat d’Etat. Je dis simplement que celui qui est le maître doit faire attention aux courtisans qui sont autour", avertit le sarkozyste, avant d'ajouter : "Je ne veux pas que, dans cette surenchère à l'extrême-droite, on continue de ressembler plutôt que de rassembler".

L'éloge de Macron. Concernant sa poignée de main avec Emmanuel Macron, Christian Estrosi évoque d’abord un salut républicain. "Pour moi, c’est simple, je suis un républicain, et pour moi, dans une campagne électorale, la République ne se met pas entre parenthèses [...] Si Jean-Luc Mélenchon m’avait demandé la même chose, je l’aurais fait". Même s'il ne tarit pas d'éloge sur l'ancien protégé de François Hollande : "Je dois le dire, il a eu à notre égard une attitude extrêmement respectueuse et constructive quand il était aux affaires. Au lendemain du 14 juillet, c’est sans doute l’un des membres du gouvernement qui s’est le mieux comporté pour apporter des aides économiques".

"Pas de discussion avec En Marche! ", assure cependant Christian Estrosi qui a brièvement rencontré Jean-Paul Delvoye, ancien ministre de Jacques Chirac, désormais en charge des investitures pour les législatives dans le mouvement d’Emmanuel Macron. "On a partagé un café, 5 minutes. Le mien était sans sucre et serré", balaye-t-il. "Je parle avec tous les gens pour qui j’ai du respect et de l’estime", explique l'élu. "Il y a, en politique, des adversaires et des ennemis, j’ai un ennemi : Marine Le Pen".