Qui est Eric Cesari, "l’œil" de Nicolas Sarkozy à l'UMP ?

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Qui est Eric Cesari, "l’œil" de Nicolas Sarkozy à l'UMP ?
@ reuters
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L'ancien directeur général de l'UMP a été placé en garde à vue jeudi matin, dans le cadre de l'affaire Bygmalion.

A l'UMP, il était surnommé "l'œil de Sarkozy". Eric Cesari, l'ancien directeur général du parti d'opposition, a été placé jeudi matin en garde à vue dans l'enquête sur l'affaire Bygmalion. Il est soupçonné, comme deux anciens cadres de l'UMP, d'avoir participé à un système de fausses factures pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Cet homme, très peu connu du grand public, a pourtant été un proche de l'ancien président de la République.

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Nommé par Nicolas Sarkozy. En 2008, Nicolas Sarkozy a nommé Eric Cesari à la direction générale de l'UMP. Durant six ans, jusqu'à sa mise à l'écart à la mi-juin 2014, ce Corse de 54 ans aura conservé son poste malgré les changements à la tête du parti. Que ce soit Patrick Devedjian, Xavier Bertrand ou Jean-François Copé, tous ont dû cohabiter avec ce fidèle de l'ancien Président de la République.

Un homme de l'ombre. Car plus qu'un proche, Eric Cesari était même surnommé "l'œil de Moscou" au siège du parti. Le Monde explique que le Corse avait pour " mission de rapporter à Nicolas Sarkozy et à Claude Guéant ce qui se tramait au sein de l'appareil". Pourtant, les langues ont du mal à se délier quand on évoque son nom à l'UMP. Brice Hortefeux, l'ancien ministre de Sarkozy, se contente d'affirmer "avoir été en contact avec lui, comme de nombreuses personnes au parti''. L'homme est discret et ne s'est retrouvé sous le feu des projecteurs qu'à cause de ses ennuis judiciaires.

Dominique Dord, l'ancien trésorier de l'UMP, évoque le rôle d'Eric Cesari dans l'affaire Bygmalion (à partir de 45 secondes) :



Dominique Dord : "beaucoup de monde est passé à...par Europe1fr

Un rôle en question. Son nom revient depuis des mois dans l'affaire Bygmalion. L'ancien trésorier de l'UMP, Dominque Dord, avait assuré dès mai dernier au micro d'Europe1 que chaque signature de chèque nécessitait la validation de quatre supérieurs du parti : le directeur de communication, la direction financière, le directeur de cabinet de Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux, et celui du directeur général de l'UMP, Eric Cesari. Mais ce dernier a affirmé à l'Express, en juillet dernier, n'avoir "participé à aucune réunion consacrée aux comptes de campagne. La seule fois où j'ai été saisi des problèmes financiers de l'UMP, c'est au moment de la démission du trésorier Dominique Dord, en juillet 2012."

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Les fillonistes voulaient sa tête. Pourtant, le Corse a été écarté de la direction générale du parti cet été. Quand Jean-François Copé quitte la tête de l'UMP, le départ d'Eric Cesari est alors une "condition sine qua non posée par les fillonistes", d'après le Figaro. L'entourage de l'ancien directeur général avait alors dénoncé "un choix politique". Ce qu'un membre de la direction de l'UMP démentait au Monde: "Nous avons décidé de suspendre son contrat pour lui permettre d'assurer sa défense et pour permettre au parti de se protéger". Car après Eric Cesari, d'autres personnalités de l'UMP pourraient bien être inquiétées.

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