Ce que Hollande et Sarkozy se sont dit

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LES SECRETS POLITIQUES - Le chef de l'Etat a reçu jeudi son prédécesseur à l'Elysée. Les deux hommes ont notamment parlé du rassemblement prévu dimanche.

C'était la première fois qu’ils se retrouvaient à l’Elysée depuis leur passation de pouvoir en 2012. Au lendemain de l'attentat meurtrier contre Charlie Hebdo, François Hollande a reçu Nicolas Sarkozy, jeudi matin. L'entretien a duré 45 minutes, un échange "respectueux", dit-on. Très vite, la discussion a porté sur l’organisation de la "marche républicaine" de dimanche, à laquelle la plupart des partis ont appelé à participer.

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Des remarques prises en compte. Nicolas Sarkozy a été l’un des premiers à mettre en garde le chef de l'Etat sur les difficultés que poserait une mobilisation un samedi. Les représentants de la communauté juive n’auraient pas pu venir en ce jour de shabbat. Et les magasins ouverts auraient compliqué le maintien de l’ordre. Ces remarques ont visiblement été prises en compte. Les deux présidents, l'ancien et l'actuel, ont pris le temps de caler les grandes lignes de cette journée, car le sujet crée des tensions en coulisses entre l’UMP et le PS.

Hollande "sera là dimanche". Les proches de Nicolas Sarkozy ciblent en effet le PS, qui voudrait mettre la main sur l’organisation. Une critique que l'on entend aussi chez certains barons socialistes, un peu irrités par l’activisme politique du premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis. Mais comme le confie un proche de Nicolas Sarkozy rassuré par l’entretien de jeudi, "c’est clair, François Hollande veut que ça se passe bien, car il sera là dimanche".

La participation du président de la République n'a pourtant pas été officialisée, pour des raisons de sécurité. Elle est envisagée mais "pas décidée", a indiqué l'Elysée jeudi soir. Personnellement, le chef de l'Etat souhaite naturellement participer à ce moment d'unité. Mais il peut encore changer d'avis.

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Renforcer la législation antiterroriste ? François Hollande et Nicolas Sarkozy se sont aussi longuement penchés sur une question lancinante : faut-il durcir la loi contre le terrorisme ? Le locataire de l'Elysée a rappelé que depuis 2012, deux lois pour muscler l’arsenal avaient été votées. "Nicolas Sarkozy n'avait pas tout en tête", glisse malicieusement un conseiller du président.

Du côté de l'Elysée, il n’est visiblement pas question de réagir dans l’urgence en promettant aussitôt une nouvelle loi contre le terrorisme. Un groupe de travail doit se réunir vendredi après-midi autour du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avec des représentants des groupes parlementaires. Un groupe de travail, le meilleur moyen d’enterrer le débat ?