Enfant syrien noyé : Verhofstadt a "honte de l'Europe"

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Enfant syrien noyé : Verhofstadt a "honte de l'Europe"
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Pour l'eurodéputé belge, l'Europe se doit d'adopter une position commune "pour cette énorme tragédie". Il regrette par ailleurs l’absence d'une politique d'asile commune.

INTERVIEW

Guy Verhofstadt, eurodéputé, président du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) au Parlement européen et ancien Premier ministre belge, a consacré sa vie à l'idéal européen. Au lendemain de l'immense émotion suscitée par la photo du petit Aylan, invité d'Europe 1, il a reconnu "avoir honte" de l'Europe.

"On n'a rien fait pour finir le conflit en Syrie". On est responsable car il n'existe pas une approche européenne commune pour cette énorme tragédie. Tout d'abord, on n'a rien fait pour finir le conflit en Syrie. On a toujours dit que ce n'était pas à nous d'intervenir et d'aider l'opposition démocratique... J'ai honte car on n'a pas de politique d'asile commune. On laisse toute la responsabilité à certains pays du sud. Et j'ai honte que l'on oblige les réfugiés à se jeter dans les mains des organisations criminelles pour venir en Europe, plutôt que d'organiser un système d'asile dans les zones de conflit", a-t-il regretté.

La France et l'Allemagne à la traîne. François Hollande et Angela Merkel veulent mettre en place un mécanisme de quotas de migrants par pays, mais pour Guy Verhofstadt, "c'est trop tard ! C'est une idée qui est sur la table depuis des années. En avril-mai, on a eu une proposition de la commission européenne, soutenue par le Parlement européen, et Paris et Berlin étaient contre ! Mais devant la tragédie énorme, ils n'ont plus d'autres choix, mais ce n'est pas la solution".

Pour Guy Verhofstadt, "la solution doit être de créer des zones humanitaires dans les zones de conflits. Il faut aussi créer des facilités pour recevoir les réfugiés. Et il faut donner la possibilité aux gens de demander une protection temporaire ou l'asile."