Terrorisme, laïcité, réponses à la droite... retrouvez les temps forts du discours de Hollande

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Terrorisme, laïcité, réponses à la droite... retrouvez les temps forts du discours de Hollande
François Hollande a défendu jeudi le modèle social français comme le "patrimoine commun des Français".@ CHRISTOPHE ENA / POOL / AFP
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Le président de la République a prononcé un discours très attendu sur sa vision de la France. Et a lancé de nombreux messages politiques.

L'ESSENTIEL

La rentrée politique a été particulièrement compliquée pour François Hollande. Alors que la primaire des Républicains commence à largement accaparer l’espace médiatique, les candidatures se multiplient à gauche, et la démission d’Emmanuel Macron a été un coup dur de plus. Le président de la République a donc profité d’un colloque sur la "démocratie face au terrorisme" pour reprendre la main. Il a donné sa vision très personnelle de la France en veillant bien à se démarquer de la droite et en restant au-dessus de la mêlée. Il a aussi parlé de l’avenir, dessinant une probable candidature en 2017

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"Le combat d'une vie". Les dernières déclarations de François Hollande laissent clairement entendre qu'il envisage sérieusement de briguer un second mandat. "Je ne laisserai pas la France être abîmée, réduite. C’est le combat d’une vie", lance-t-il. "Je ne laisserai pas l’Europe se disloquer ou se dissoudre, être saisi par le nationalisme, par les frontières, par l’extrémisme.  Je ne laisserai pas l’image de la France, le rayonnement de la France s’altérer lors des prochains mois et des prochaines années. Nous sommes la France, et je vous l’assure, la démocratie est notre arme, notre âme et c’est ainsi que nous vaincrons le terrorisme."

"La France est bien plus qu’une identité, c’est une idée". François Hollande débute un chapitre très attendu sur l’identité de la France, en évoquant les années à venir. "Ce débat va bien plus loin que celui de l’identité de la France. Notre histoire, notre culture, nos valeurs, notre mode de vie, elle n’est ni heureuse ni malheureuse. Elle s’appuie sur la construction patiente de générations successives. Elle n’est pas figée dans le temps. Elle n’est pas une recherche obstinée de racines. Elle est en perpétuel mouvement. C’est pour ça que la France est bien plus qu’une identité, c’est une idée, un projet une ambition, qui fait de la France un pays singulier. C’est cette idée de la France qui doit nous mobiliser."

"La France a une conception universelle de son rôle. Ça la rend parfois insupportable aux yeux d’autres, qui pensent que nous voulons aller plus loin que notre démographie, notre économie, nos capacités de défense. Ils ont tort. C’est l’idée de la France qui permet à ces peuples de regarder vers nous", assure le chef de l'Etat. 

"La pensée du commun". "A chaque fois que la démocratie doute d’elle-même, le nationalisme, la démagogie, le populisme y trouve son confort. Ses partisans ont toujours le même discours. Ils prétendent représenter le peuple contre l’élite, dont ils sont généralement issus", tacle François Hollande. "C’est toujours les mêmes critiques qui sont portées. Sur la démocratie elle-même, sur ses insuffisances, sur ses faiblesses, sur ses élus, et sur la pensée commune. Or, la pensée commune, c'est celle qui rappelle les principes, qui croit en des valeurs. C’est la pensée du commun. Ce n’est pas une pensée commune, c’est ce qui nous permet de vivre en commun."

"Ils pensent que l'élection, c'est la primaire". Nouvelle pique pour les candidats de droite, "pris dans leur envolée, ou dans leur emballement, ou dans leur fuite en avant, parce qu’ils ne se sentent plus de limite, ils sentent que le pouvoir est là, à portée de main, ils pensent que l’élection, c’est la primaire, et que le reste n'a plus d'importance, que les Français viendront signer au bas de la page. Je veux le dire au nom du suffrage universel dont je suis, jusqu’au mois de mai, le seul qui en ait eu l’onction, que dans une démocratie, il y a l’élection. C’est pas facile l‘élection. Il faut la mériter, il faut s’y préparer. Et il faut respecter les citoyens", lâche-t-il, déclenchant une nouvelle ovation.

"Il y a, dans ce concours que l’on voit, qui va durer, cette espèce de course pour liquider le modèle social. Comme s’il était trop lourd, Là est le danger. Le modèle social est inséparable de la démocratie. C’est le sens des réformes que j’ai conduites depuis 2012, donc je vous fais grâce du rappel, ce serait trop long", poursuit-il dans ce moment très politique. 

"L'Islam peut-il s'accommoder de la laïcité ? Oui". "La laïcité, ce n’est pas une mystique, une religion d’Etat contre les religions. C’est un ensemble de droit qui organise la vie dans la République. C’est avant tout un principe de neutralité qui s’impose à l’Etat. Mais aussi aux citoyens qui doivent la respecter", lance le chef de l'Etat. "La loi de 1905 a été conçue un moment où la pratique de l’islam en France en concernait qu’une infime partie de la population. Les principes posés il y a un peu plus d’un siècle. L’islam peut-il s’accommoder de la laïcité ? Ma réponse est oui. Clairement oui. L’immense majorité de nos compatriotes musulmans nous en donnent chaque jour la preuve. Tant que je suis président de la République, il n’y aura pas de législation de circonstance, aussi inapplicable qu’inconstitutionnelle. " 

Hollande s'en prend à la droite. Le chef de l'Etat s'en prend clairement aux candidats à la primaire Les Républicains, qui ont pour certains appelé à changer la Constitution, ou à enfermer préventivement les suspects fichés S. "Il y a deux voies. La première, c’est l’Etat d’exception. Il faudrait suspendre l’Etat de droit aussi longtemps que la menace perdurera. Et pourtant, l’histoire nous enseigne que face à des périls bien plus grâce, c’est quand la République a tenu bon qu’elle s’est élevée, et c’est quand elle a cédé qu’elle s’est perdue. La liberté n’est pas un handicap. Et notre peuple est prêt à tous les sacrifices pour la conserver. L’idée de patrie n’est pas simplement une idée du passé. C’est de savoir pourquoi nous nous battons. Et la France s’engage pour la liberté," déclare-t-il.

"Ce principe simple, certains ne les ont pas compris. Ils battent les estrades, pratiquent la surenchère, pour se démarquer dans leur propre camp. En ces matières, je constate que l’imagination est sans limite et prend des tours inquiétants", poursuit-il. "Enfermer les suspects sans discernement et sans jugement, ressusciter la cour de sûreté de l’Etat, renier les droits de l’homme et la convention internationale qui les protège, supprimer le regroupement familial, en rupture avec le droit européen, établissant un lien entre l’immigration et le terrorisme... ce serait autant de renoncements", argue-t-il. Et de lancer une pique à Nicolas Sarkozy : "Argutie juridique la présomption d’innocence, bien commode quand il s’agit de plaider pour son propre compte ? Non, la Constitution n’est pas un texte flexible. Et la déclaration des droits de l’Homme n’est pas un vieux parchemin. C’est le pilier de notre vie commune avec notre Constitution."

"L’autre voie, la seule qui vaille, la seule qui soit efficace, c’est l‘Etat de droit. C’est le choix que j‘ai fait au nom de la France", conclut-il.