En déplacement, Hollande est-il président ou candidat ?

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En déplacement, Hollande est-il président ou candidat ?
François Hollande à Carcassonne, le 19 mai 2015.@ PASCAL PAVANI / AFP
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QUI PAIE ? - Le chef de l'Etat multiplie les déplacements sur le terrain, allant jusqu'à prendre des accents de campagne. Europe 1 a enquêté sur leur coût.

ENQUÊTE EUROPE 1

François Hollande serait-il déjà en campagne… sur les deniers de l'Etat ? Depuis quelques semaines, le président de la République multiplie les déplacements en France, entre discours et bains de foule. Et il compte accentuer cette offensive en juin. De quoi donner du grain à moudre à la droite. Le 21 mai, Nicolas Sarkozy a accusé le chef de l'Etat d'entretenir une "confusion des genres". Le député de l'Yonne Guillaume Larrivé a quant à lui estimé dans un communiqué que "l'entrée en campagne du candidat François Hollande ne doit pas être financée par les contribuables".

L'Elysée joue la transparence. A l'Elysée, on a vu venir ces attaques de la droite, et la riposte est prête. Elle passe d'abord par une totale transparence. Europe 1 a pu consulter les comptes de ces déplacements mardi soir, en présence du directeur de cabinet de François Hollande, Thierry Lataste. Les coûts précis de tous les déplacements en France en 2014 et 2015 y sont consignés.

Ainsi, le 19 mai dernier, François Hollande était à Carcassonne pour une réunion publique aux forts accents de campagne. Entre l’équipement de la salle pour le discours, les bus pour la presse et les deux heures de vol en Falcon, il y en a eu pour 47.915,74 euros.

Une séparation entre action présidentielle et campagne. Pour parer aux critiques, le directeur de cabinet du président analyse les coûts des déplacements à la loupe. Le moment venu, lorsque la loi l’exigera, c’est-à-dire un an avant l'élection présidentielle, il fournira une comptabilité précise avec d’un côté ce qui relève de l’action présidentielle et de l’autre ce qui pourrait être inclus dans d’éventuels comptes de campagne.

Attention au vocabulaire. En attendant, une consigne absolue a été passée dans les couloirs de l'Elysée. Elle concerne le vocabulaire utilisé. Pas question de parler de "meeting", on préfère le terme de réunion d’élus. Le mot "campagne" est lui aussi interdit : il faut dire que le président va à la rencontre de ses concitoyens. Tout est dans la sémantique.