Edouard Martin "s'est servi de nous"

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Edouard Martin "s'est servi de nous"
Walter Broccoli, délégué syndical FO de la raffinerie de Florange, ne décolère pas contre Edouard Martin.@ MaxPPP
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INTERVIEW E1 -  Alors que le délégué CFDT de Florange s'engage en politique, Walter Broccoli, son homologue de FO, parle de "trahison".

La phrase. "On a l'impression d'être cocus. Il nous avait dit : je ne ferai jamais de la politique". Walter Broccoli, délégué syndical FO de la raffinerie de Florange, ne décolère pas contre son ancien compagnon de lutte, Edouard Martin. Le syndicaliste CFDT, emblématique tête d'affiche du combat pour le sauvetage de l'usine de Moselle, a annoncé mardi soir sur France 2 sa candidature pour le PS dans la région Grand-Est pour les élections européennes. Et chez FO, ça passe mal.



Edouard Martin "s'est servi de nous"par Europe1fr

"Il s'est servi de Florange". "L'impression qu'on a, c'est une impression de malaise. Quelque part, on a l'impression qu'il s'est servi de Florange pour son ambition personnelle. Il s'est servi de nous jusqu'au bout", s'est ainsi indigné Walter Broccoli mardi, au micro d'Europe1. Selon le délégué FO, le comportement récent d'Edouard Martin envers la majorité était clairement calculé en vue d'une telle candidature.

"À Florange, ça va faire tout drôle de savoir qu'en récompense de services rendus, il va avoir une place de député européen. Il ne faut pas oublier qu'au mois d'octobre, on a vu le président. J'étais présent à la réunion et Edouard Martin était bien gentil avec lui. Maintenant, on comprend pourquoi", s'indigne Walter  Broccoli.

"Une trahison". Le délégué CFDT désormais candidat socialise, pour sa part, se défend d'avoir "programmé une carrière politique". "J'ai simplement envie de continuer le combat que nous menons depuis plusieurs années sur le maintien de l'industrie en France et en Europe, et j'ai envie de le poursuivre au niveau européen, parce que c'est là que se prennent toutes les grandes décisions qui nous impactent", s'est-il défendu sur TF1.

Pas suffisant, pour son ancien  camarade de lutte. "Pour nous, c'est clair, c'est une trahison. Je pense qu'il sera meilleur politicien que syndicaliste. Sa place, c'est vraiment là où il va aller", s'indigne-t-il. Et d'asséner : "quand on promet de ne jamais faire de politique et qu'on y va, c'est un mensonge. Tout comme lorsqu'Hollande nous avait promis qu'aucune usine rentable ne fermerait".