Doubs : pour le gouvernement, une élection de tous les dangers

  • A
  • A
Doubs : pour le gouvernement, une élection de tous les dangers
@ Reuters
Partagez sur :

SUSPENSE - Après la démission de Pierre Moscovici, la quatrième circonscription du Doubs doit élire un nouveau député dans les trois mois à venir. Le FN et l'UMP sont déjà en campagne.

A la dernière minute, Pierre Moscovici a finalement démissionné de son mandat de député, incompatible avec ses nouvelles fonctions de commissaire européen aux Affaires économiques. Conséquence : une élection législative partielle aura lieu d'ici au début du mois de février dans la quatrième circonscription du Doubs, aux portes de la ville de Montbéliard. L'enjeu est important pour le gouvernement : le Parti socialiste perdrait sa majorité absolue de 289 sièges à l'Assemblée nationale.

>> LIRE AUSSI - Pierre Moscovici a démissionné de l'Assemblée nationale

Des électeurs désabusés. Le défi s'annonce pourtant très compliqué pour le PS. Sur ces terres où l'on vote traditionnellement à gauche, mais où l'on a aussi connu l'alternance, les habitants rencontrés par Europe 1 prédisent une forte abstention ou un raz-de-marée pour le Front national. "Le résultat de la mi-mandat n'est pas terrible", tacle cet habitant. "On a eu la droite, on a eu la gauche, on en est toujours au même point. Force est de constater que ça ne marche pas, donc à un moment donné, il faut qu'on sanctionne pour montrer qu'on n'est pas d'accord".

"La politique, je n'y crois plus du tout", renchérit une habitante. "La gauche ne fait pas du tout une politique de gauche, on ne fait que payer. Par contre, eux, dans leurs beaux costumes et leurs beaux logements de fonction, ne font aucun effort pour que le pays aille mieux. Ils veulent simplement se faire élire et serrer des mains".

Le FN "en ordre de bataille". Des désillusions qui pourraient servir la cause du FN et sa candidate investie, l'eurodéputée Sophie Montel, déjà en campagne. Car le parti frontiste affirme être solidement ancré dans la circonscription. "Nous sommes ici chez nous", assure Jacques Ricciardetti, suppléant de Sophie Montel, au micro d'Europe 1. "Le nombre de militants sur Montbéliard est très important, tout le monde est en ordre de bataille". Il assure que l'état-major parisien est lui aussi très impliqué "Marine Le Pen vient régulièrement aux portes de Peugeot, soutenir les ouvriers de Montbéliard dans les difficultés", rappelle-t-il.

A l'UMP aussi, on est dans les starting-blocks. Comme en 2012, son candidat sera Charles Demouge, qui s'était fait devancer par le FN il y a deux ans et demi. Tout le monde attend désormais la date de cette législative partielle, qui devrait être publiée par décret. L'élection doit avoir lieu dans un délai de trois mois maximum à compter de la vacance du siège, c'est-à-dire début février au plus tard.