Des députés de gauche et de droite appellent au "courage politique" pour sortir de l'état d'urgence et de Sentinelle

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Des députés de gauche et de droite appellent au "courage politique" pour sortir de l'état d'urgence et de Sentinelle
Des soldats de la mission Sentinelle patrouille devant le musée du Louvre, le 16 février. @ CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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Les députés Georges Fenech (LR) et Sébastien Pietrasanta (PS) mettent en doute l'efficacité des principales mesures de sécurité prises après les attentats. 

En finir avec le régime d'exception. Les députés Georges Fenech (LR) et Sébastien Pietrasanta (PS) ont appelé mardi à un sursaut de "courage politique" pour mettre fin après les élections à l'état d'urgence et au déploiement de la force Sentinelle, à l'efficacité relative, selon eux, dans la lutte antiterroriste.

Des dispositifs "longs" et "coûteux". "On est convaincu qu'il faut un consensus républicain pour sortir de dispositifs qui sont longs, coûteux et dont les ressources humaines pourraient être mieux employées", a déclaré lors d'une conférence de presse le député de Seine-Saint-Denis Sébastien  Pietrasanta, rapporteur d'une mission de suivi de la mise en oeuvre des propositions d'une commission d'enquête parlementaire post-attentats, dont il avait également été le rapporteur.

"Il faudra avoir le courage politique après les échéances électorales, gauche et droite, de se mettre d'accord" et "éviter les procès d'intention" et les accusations mutuelles de "désarmer" la France, a-t-il poursuivi, appelant à un "consensus" sur la sortie de l'état d'urgence et de l'opération Sentinelle.

"Les soldats sont faits pour faire la guerre." "C'est toujours délicat pour un gouvernement d'arrêter Sentinelle, comme il est difficile d'arrêter l'état d'urgence. Qui prendra le risque de donner le sentiment de baisser le niveau de garde et de vigilance ?" s'est interrogé Georges Fenech, ancien président de la commission d'enquête parlementaire et rapporteur de la mission de suivi.

"Mais il faudra bien un jour ou l'autre qu'on prenne cette décision et qu'on assure la défense de nos villes par des policiers et des gendarmes dont c'est le métier", a ajouté le député LR, qui estime que "les soldats sont faits pour faire la guerre, pas de la sécurité civile sur le territoire national".

Des effets discutables. La commission d'enquête parlementaire, après cinq mois de travail et 200 heures d'audition, avait mis en cause l'impact réel de l'état d'urgence et de l'opération Sentinelle, dans un rapport rendu public le 5 juillet."L'état d'urgence a eu un effet mais il semble s'être rapidement amenuisé. Et 18 mois après le début de l'opération Sentinelle, alors que cette contribution qui a été jusqu'à 10.000 hommes est encore aujourd'hui de 6.000 à 7.000 soldats, je m'interroge sur la valeur ajoutée réelle dans la sécurisation du territoire national", avait alors déclaré Sébastien Pietrasanta.

"7.000 hommes, plus 3.000 en réserve, c'est presque le tiers de nos forces terrestres", a observé mardi Georges Fenech.