Défense : Thierry Breton pose les bases d'une "nouvelle Europe"

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À l'heure de la menace terroriste et au lendemain du Brexit, l'ancien ministre de l'Economie propose de réunir une partie des dépenses de la zone euro en matière de défense, sans pour autant toucher à la souveraineté des Etats.

INTERVIEW

Thierry Breton, dernier ministre de l’Economie de Jacques Chirac, a lancé l’initiative d’un "Fond européen de sécurité et de défense", dont l’objectif serait de mutualiser une partie des dépenses militaires de la zone euro. "C’est un projet qui doit essayer de répondre au problème du surendettement de nos Etats, et à la préoccupation numéro une de l’ensemble de nos concitoyens européens, qui est désormais la défense", explique-t-il mardi au micro de Jean-Pierre Elkabbach. "J’en ai beaucoup parlé avec Jean-Claude Juncker et tous les dirigeants européens".

Augmentation des dépenses. "Les dépenses militaires augmentent partout dans le monde ces dix dernières années. Sauf en Europe, où nous n’avons plus les moyens et où nous sommes surendettés", déplore-t-il. En conséquence, le PDG du groupe ATOS espère s'appuyer sur les taux d’intérêts historiquement bas du moment pour garantir un nouveau financement. "L’idée c’est d’utiliser cette opportunité exceptionnelle, cette aberration économique - il faut bien dire les chose comme elles sont - , pour refinancer les dettes de défense de la zone euro." Une idée qui "trouve beaucoup d’échos auprès des principaux dirigeants européens", assure-t-il.

Nouvelle Europe. 2.300 milliards d’euros ont déjà été investis en matière de défense, depuis la création de la zone euro, par ses différents membres, rappelle-t-il. "La France est le pays qui a le plus investi pour sa défense mais aussi la défense des autres pays européens", à hauteur de 700 milliards. Avec le Fond européen de sécurité et de défense, "on commencerait à avoir les bases d’une défense commune", sur la base d’une mutualisation des dépenses, sans toucher à la souveraineté des pays, car le Fond ne prendrait en charge qu’une partie des investissements.

"Avec ce projet, nous avons, pour la première fois depuis longtemps, une réponse. Après le Brexit, c’est vraiment notre nouvelle Europe que l’on peut construire ensemble", conclut-t-il.