Davet et Lhomme sur les confidences de François Hollande : "La veille de la publication, il était inquiet"

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Invités du "Club de la presse", jeudi, Gérard Davet et Fabrice Lhomme sont revenus sur les coulisses de leur livre  "Un président ne devrait pas dire ça…".

INTERVIEW

C’est un pavé de près de 700 pages, fruit d'une soixantaine d'heures d'entretien avec le président de la République. Un président ne devrait pas dire ça... a provoqué une déflagration politique jusque dans le camp de François Hollande. Par ses confidences sans filet aux journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme, le chef de l’État est parvenu à s’aliéner jusqu’aux magistrats.

"Des propos officiels". En cause, cette fameuse page 388, où il évoque la "lâcheté" de la justice et de magistrats qui "se planquent" et "jouent les vertueux".  Une phrase prononcée le 13 mars 2014, au cours d’un dîner à l’Élysée. "100% des déclarations dans ce livre sont des propos officiels", assure Fabrice Lhomme sur Europe 1. "Mais c’est vrai que le doute peut demeurer sur certaines de ses déclarations : savoir si c’est de la naïveté, s’il s’est emporté ou si c’est un calcul. Pour nous, journalistes, c’est un peu secondaire. L’essentiel, c’est que ces propos soient forts et qu’ils restituent ce qu’il pense vraiment", continue le journaliste.

Entendu sur Europe 1
Il ne l’avait pas encore reçu, et la première phrase, celle de la 'Marianne voilée', était déjà sortie. Il ne maîtrisait pas le processus.

François Hollande se doutait-il alors que ses confidences explosives menaçaient de torpiller la fin de son mandat, voire une hypothétique campagne pour la prochaine présidentielle ? "La veille de la publication, on a eu un coup de fil", se rappelle Gérard Davet. "Il était inquiet. Il ne l’avait pas encore reçu, et la première phrase, celle de la 'Marianne voilée', était déjà sortie. Il ne maîtrisait pas le processus."

"On se dit que finalement, il existe". Résultat : une image encore un peu plus écornée, et de nombreuses critiques politiques. "Si on s’en tient aux petites phrases, l’effet n’est pas forcément bon pour lui", reconnaît Gérard Davet. "Après, quand on lit les 662 pages, on se dit que finalement, François Hollande existe. Le spectre qu'on avait à l'Élysée, un peu fantomatique et aux discours compassés, enfin on le sent".