Cosse : "les aides aux entreprises n’ont pas aidé les salariés"

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INTERVIEW E1 - Invitée du Grand Rendez-Vous Europe 1 - Le Monde - i-Télé, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-les Verts attend de François Hollande qu'il fixe "un autre cap".

"Aujourd’hui, il faudrait surtout que le président de la République entende ce qui a été exprimé lors de ces élections et fixe un autre cap dans son quinquennat, un nouvel acte", a estimé Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-les Verts (EELV), dimanche lors du Grand Rendez-Vous Europe 1 – Le Monde – i-Télé. Un "autre cap" qui passe, à ses yeux, par une réforme fiscale et des aides à l'économie qui ne se limite pas qu'aux seules entreprises.

Un "autre cap" après un dialogue limité aux entreprises. Si Emmanuelle Cosse estime que "François Hollande a réussi à redonner une image apaisée de notre pays", elle reste néanmoins critique sur son bilan et estime que les résultats des élections départementales n'y sont pas pour rien. "Aujourd’hui, il faudrait surtout que le président de la République entende ce qui a été exprimé lors de ces élections et fixe un autre cap dans son quinquennat, un nouvel acte", a-t-elle souligné.

Cosse : "On a beaucoup parlé aux entreprises" par Europe1fr

"On a beaucoup parlé aux entreprises ces trois dernières années, des choses ont été faites. Quand on parle d’économie aujourd’hui, on parle uniquement aux entreprises, on ne parle pas aux salariés", a regretté Emmanuelle Cosse, avant de poursuivre : "on a fait des aides aux entreprises qui n’ont pas aidé les salariés puisque notamment une grande partie des aides données dans le CICE ne profitent pas aux salariés. Cela ne veut pas dire qu’elles ne profiteront pas à terme mais la réalité, c’est qu’on attend des réponses. La seconde chose, c’est qu’aujourd’hui beaucoup de personnes sont inquiètes pour l’emploi : le leur et celui de leurs enfants".

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"Concrètement, je crois qu’il faut aujourd’hui agir en faveur des ménages, sur la question notamment des bas salaires et des bas revenus, sur la formation et sur l’entrée dans l’emploi", a détaillé la secrétaire nationale d'EELV, avant d'évoquer un autre dossier : "mettre à plat la réforme fiscale et se lancer véritablement dans une réforme fiscale qui remette de l’équité et de l’égalité dans notre pays me semble être quelque chose de nécessaire".

Pour Emmanuelle Cosse, les annonces que François Hollande doit faire dimanche en faveur du pouvoir d'achat des jeunes est donc une bonne chose. "Je pense que c’est très bien", a-t-elle réagi : "je pense que c’est économiquement viable, car quand vous sortez des jeunes de la précarité, vous permettez à ces jeunes de participer au système. Ça fait 30 ans qu’on baisse les charges sur les bas salaires et la réalité, c’est que ca n’a rien réglé au problème. Aujourd’hui, la question est de redonner des moyens aux personnes".  

EELV doit-il réintégrer le gouvernement ? Inévitablement, la question de la place des écologistes vis-à-vis de la majorité socialiste a été reposée. "Le débat n’est pas de savoir où l’on est, le débat est de savoir si on a les moyens de l’action. Est-ce que, en étant minoritaire, nous avons des moyens d’actions et des engagements du Premier ministre pour agir correctement", a répondu Emmanuelle Cosse. Avant de faire un bilan du passage des Verts au gouvernement : "on a eu de grandes réussites en étant dans le gouvernement Ayrault, on a aussi eu de grandes réussites en étant à l’extérieur, notamment sur la loi sur la transition énergétique".

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