EXCLU - Copé : "je sais que je ne savais rien" sur Bygmalion

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EXCLU - Copé : "je sais que je ne savais rien" sur Bygmalion
@ Reuters
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VIDÉO - France 2 va diffuser dimanche à 13h15 un documentaire sur l'ancien président de l'UMP. Europe 1 l'a vu en avant-première.

L'INFO. "Mes chers amis, ma démission de la présidence sera effective le 15 juin. Je veux désormais faire de la politique autrement." Ces mots, Jean-François Copé les a prononcés le 27 mai dernier. Depuis, on ne l'a plus entendu. L'ancien président de l'UMP, emporté par la tornade Bygmalion, s'est lancé dans un discret tour de France et s'astreint à une cure de silence médiatique. Une entorse à ce principe : il a accepté qu'une caméra de France 2 le suive quotidiennement durant six mois. "Et il nous a fait une totale confiance", assure Jean-Baptiste Marteau, l'auteur.

>> Le résultat est un documentaire qui sera diffusé dimanche prochain dans le 13h15 de Laurent Delahousse. Europe1.fr a pu le voir en avant-première et vous en propose un extrait. Pas Jean-François Copé, "qui stresse beaucoup", selon l'auteur.

"Ton discours était magnifique". Jean-François Copé vient de monter à l'arrière de sa voiture. Quelques minutes plus tôt, il a rendu les armes et son tablier de patron de l'UMP. A ses côtés, sa femme Nadia est là pour le rassurer. Une page de la vie du maire de Meaux vient de se tourner. Le film peut commencer.

"On va goûter la cuvée Copé". Finis les jeux d'appareils et petites phrases. Rangés au placard, les ressentiments. "Il ne faut pas avoir de rancœur, sinon vous ne pouvez pas avancer et êtes dans la même médiocrité que ceux qui vous ont frappé", philosophe Jean-François Copé dans le train qui le mène dans le Cher. Charles Trenet et sa Douce France l'accompagnent. Le grand brûlé de la politique a le sourire. Au milieu des vignes, il assiste aux vendanges, serre des mains, claque des bises. "Ça va, pas trop crevé ?", s'enquiert-il auprès d'un ouvrier. L'exploitant lui explique sa difficulté à trouver de la main d'œuvre et son obligation d'aller chercher des travailleurs bulgares. Copé lève les yeux au ciel, soupire : "c'est le mal français... Il faut que l'on comprenne que l'on arrive au bout du bout et qu'il faut en finir avec ces réglementations qui paralysent la France".

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Après les vendanges, la dégustation. "On va goûter la cuvée Copé", se marre le viticulteur. "Elle est remarquable", rétorque l'ancien patron de l'opposition, hilare, un verre de blanc à la main, avant de partir avec un carton de six bouteilles sous le bras. "C'est ce qu'on appelle un pot-de-vin", s'amuse Yves Fromion, le député de la circonscription. Le berrichon est décidément d'humeur taquine.

"Il faut se préparer pour le prochain coup". Entre chaque séquence, des journalistes politiques interviennent, expliquent que Copé aura du mal à revenir, mais qu'il n'a pas mis un mouchoir sur ses ambitions présidentielles. Le temps fera son œuvre, espère-t-il. A des militants "très, très déçus" qui l'accueillent simplement dans leur jardin, il répond du tac au tac : "il faut se préparer pour le prochain coup et ne pas décevoir cette fois." Et si c'était de lui qu'il parlait ?

De politique nationale, il est finalement peu question dans ce film de 38 minutes. Les noms de Nicolas Sarkozy, François Fillon ou Alain Jupé ne sont pas cités une seule fois. "A chaque fois que j'ai abordé le sujet avec lui, il a refusé d'en parler, assurant être dans 'autre chose'", explique Jean-Baptiste Marteau, l'auteur. Et de l'affaire Bygmalion, Jean-François Copé ne veut pas en parler. Ou si peu, comme dans cet extrait, tourné dans un restaurant kebab, que vous propose en exclusivité Europe1.fr



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Démissionner ? "Je me suis posé la question". Mais sur ce sujet délicat pour lui, une scène l'amuse. France 2 a reconstitué le bureau politique durant lequel les ténors de l'UMP l'ont sommé de présenter sa démission. "C'est bien fait, mais on est en-dessous de la réalité. Les comédiens sont très talentueux mais il y a moins de haine dans leur façon de s'exprimer", analyse-t-il, sourire en coin, avant de rappeler que, lors de cette réunion houleuse, certains l'ont défendu, "Michèle Tabarot, Jean-Pierre Raffarin, Nadine Morano et quelques autres", énumère-t-il. A-t-il envisagé de tout plaquer ? "Je me suis posé la question. C'était tellement violent...", se souvient-il, le regard soudain dans la vague. On a essayé de recueillir ses impressions sur ce documentaire. Il a refusé. "Il ne parlera pas aux médias avant un an", nous confie son entourage.

Pour retrouver un Jean-François Copé souriant, retour à Meaux, son fief. Là bas, le maire est apprécié, salué, encouragé. "Ça, c'est l'amour de ma vie", s'enflamme une petite mamie en l'apercevant. Le terrain, il adore ça. Ici, une réunion avec les responsables locaux de toutes les religions pour parler laïcité. Là, un problème de voisinage qu'il va "régler lui-même car ça [l']'énerve qu'on s'engueule pour des conneries pareilles !"

Zorro, son idole. A l'écouter, c'est comme cela qu'il veut désormais faire de la politique. On n'est pas obligé de le croire. Jean-François Copé est un ambitieux qui croit en sa bonne étoile. Chaque mardi, il reçoit la vingtaine de députés qui le soutiennent toujours. Le début d'une écurie. 2017 ? "La question ne se pose pas". Pourtant, sur son bureau, il conserve cette petite statue à l'effigie de Zorro, que sa mère lui a offert lors de sa première entrée au gouvernement, en 2002. L'ancien patron de l'UMP l'adore. Pourquoi ? "Car quand Zorro tombe de cheval, il se remet toujours en selle ensuite." Message reçu.