Ce que pensent les agriculteurs d'Emmanuel Macron

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Le candidat à la présidentielle se rend mercredi au Salon de l'agriculture. S'il a su capter l'attention du monde agricole au fil des déplacements, il peine encore à convaincre.

REPORTAGE

Emmanuel Macron est attendu mecredi au Salon de l’agriculture. Le candidat d'En Marche! s'y présentera avec, déjà, quelques notes sur ses carnets. Il a multiplié, ces derniers jours les déplacements en zone rurale : notamment dans Le Lot, en Corrèze et en Haute-Vienne. Et pour nombre d’agriculteurs, l’ancien ministre de l’Economie maîtrise son sujet.

"On l’a trouvé connaisseur". Mardi, en déplacement à La Chapelle-Rainsouin, dans la Mayenne, le candidat s’est entretenu avec une trentaine d’agriculteurs. "Clairement, par rapport à sa présentation d’un Parisien banquier, on l’a trouvé connaisseur sur le sujet agricole", relève François, un jeune producteur de lait. "J’espère que des discussions comme celle d’aujourd’hui vont lui permettre de travailler pour les agriculteurs".

Repenser la construction des prix. Tous, néanmoins, ne sont pas d’accord avec ce que propose Emmanuel Macron : 5 milliards d’euros d’investissements pour moderniser les exploitations, un mécanisme européen pour garantir les prix, la revalorisation des retraites agricoles. Jérôme, éleveur de bovins, tique sur la recherche du prix juste. "Le point noir, c’est qu’il n’y a pas de vraie politique de remise en cause de la manière dont se construisent les prix. Nous, on se bat pour que les prix soient basés sur le coût de production de nos produits. Emmanuel Macron reste plutôt sur la construction existante : c’est la grande distribution qui dicte le prix", estime-t-il.


"Il y a énormément à faire". Et même si le candidat promet de mettre la grande distribution au pas, les agriculteurs veulent attendre qu’Emmanuel Macron fasse ses preuves. "Il dit ce qu’il va faire, il faut qu’il fasse ce qu’il dit ! Lactalis, aujourd’hui, fait encore ce qu’il veut. Il y a énormément à faire", avertit Patrick. Avec des attentes et une colère qui restent au plus haut, il faudra plus que des poignées de main du leader d’En marche! pour convaincre.