Cazeneuve : "200 filières de passeurs ont été démantelées cette année"

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Invité d'Europe 1 mercredi matin, le ministre de l'Intérieur réagissait à l'arrestation d'un marin pêcheur soupçonné de complicité avec un réseau de passeurs de migrants.

INTERVIEW

"Il peut y avoir des Français qui y participent, ils doivent être sévèrement punis après avoir été efficacement rattrapés par les forces de sécurité" a déclaré Bernard Cazeneuve mercredi au micro d'Europe 1. Invité de Jean-Pierre Elkabbach, le ministre de l'Intérieur était invité à réagir à l'arrestation, révélée sur notre antenne, d'un marin pécheur français à Dunkerque, soupçonné de complicité avec un réseau de passeurs de migrants.

"Etre intraitables avec les filières de la traite des êtres humains". Bernard Cazeneuve a refusé de commenter cette information avant que le procureur de la République de Dunkerque ne s'exprime lors d'une conférence de presse programmée dans la journée. Néanmoins, le ministre a rappelé que la lutte contre les réseaux de passeurs était au centre de ses priorités.

"Nous avons démantelé depuis le début de l'année un très grand nombre de filières (de passeurs). En France, c'est près de 200 filières qui ont été démantelés, représentant 3.000 individus. Et dans le Calaisis, cela représente une trentaine de filières et 700 individus", a-t-il précisé.

"Pourquoi ? Parce que j'ai donné une instruction extrêmement ferme à mes services, d'être intraitables avec les filières de la traite des êtres humains", a souligné le locataire de la place Beauvau. 


Cazeneuve : "200 filières de passeurs ont été...par Europe1fr

Renforcer Frontex et augmenter les moyens du HCR. Mercredi, le patron de l'agence européenne de surveillance des frontières Frontex a révélé, dans une interview au quotidien allemand Bild, que 800.000 "entrées illégales" dans l'Union européenne ont été dénombrées depuis le début de l'année et que l'afflux de migrants en Europe "n'a pas atteint son paroxysme".

"La situation migratoire est une situation inédite, qui est une véritable crise que l'Europe n'en avait pas connue depuis la Seconde guerre mondiale et qui implique des moyens exceptionnels et surtout des décisions urgentes", a réagi le ministre de l'Intérieur. Celui-ci retient "deux urgences". "D'abord, la mise en place d'un contrôle aux frontières extérieures de l'Union européenne. Ce qui suppose que l'on fasse monter Frontex en puissance et il faut le faire vite", a-t-il estimé.

"Second point : il faut absolument rehausser dans les meilleurs délais les moyens du HCR ( le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, Ndlr), pour que dans les camps de réfugiés, au Liban, où je me suis rendu la semaine dernière, en Jordanie, en Turquie, il y ait suffisamment d'aide humanitaire pour que cet exode de ceux qui sont persécutés dans leur pays ne se poursuive pas", a insisté Bernard Cazeneuve.