Cazeneuve : "sans les casseurs, Rémi Fraisse ne serait pas mort"

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Cazeneuve : "sans les casseurs, Rémi Fraisse ne serait pas mort"
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INTERVIEW - Etat islamique, djihad, violences policières et décès de Rémi Fraisse, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est exprimé au micro d'Europe 1 dimanche matin.

Drame ou bavure policière, quelle que soit la façon dont elle est considérée, la mort de Rémi Fraisse reste dans tous les esprits, trois semaines après le décès du jeune homme dans la nuit du 25 au 26 octobre. Au micro d'Europe 1, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a d'abord tenu à apaiser le débat, considérant que "ceux qui portent la parole publique se doivent de calmer les débats". Alors que le doute demeure sur les orientations qui ont été données aux gendarmes présents sur les lieux ce soir-là, Bernard Cazeneuve assure "avoir donné des consignes d'apaisement" sans préciser si des ordres de fermeté avaient été lancées sur le terrain.

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Le ministre de l'Intérieur ajoute que les forces de gendarmerie ont du se rendre sur les lieux de la manifestation "parce qu’il y a eu des violences, non pas de la part des manifestants mais de casseurs". Pour lui, c'est le comportement de cette frange minoritaire qui a nécessité l'intervention des gendarmes. C'est pourquoi Bernard Cazeneuve conclut :" sans les casseurs, Rémi Fraisse ne serait pas mort".



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Mettant en avant sa "transparence" et son "honnêteté", le premier flic de France tente de solder ses comptes et de montrer que la place Beauvau s'est comportée de la bonne façon dans cette affaire. "Je considère que, compte tenu de ce qui s’est passé dans les semaines précédentes, compte tenu de la volonté d’apaisement que nous avions, l’État a réagi comme il devait réagir." 

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Plus largement sur les manifestations en France, Bernard Cazeneuve a réaffirmé l'interdiction des grenades offensives, à l'origine de la mort de Rémi Fraisse, tout en assurant que les armes utilisées en remplacement permettraient aux forces de l'ordre de garder la distance et d'éviter des affrontements rapprochés dangereux.

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Le ministre s'est donc adressé à la fois à la police, à la gendarmerie, et à la jeunesse. "Je comprends les aspirations de la jeunesse à manifester. Et en même temps, je dis à la jeunesse de France que l'on peut manifester, on peut exprimer son idéal, sans casser. La plupart de ces jeunes n'acceptent de toute façon pas ces violences". Et le ministre de poursuivre : "ceux qui organisent doivent faire en sorte d'appeler à la raison.J'appelle au retour dans la République des valeurs humanistes qui la fondent".

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La lutte contre l'Etat Islamique sera encore longue

Ralentis dans leur avancée, menacés par les frappes de la coalition, les terroristes de l'organisation de l'Etat islamique répliquent. Après avoir lancé leur propre monnaie vendredi, ils ont décapité une cinquième victime, Peter Kassig, dimanche. Et exécuté en parallèle une quinzaine de soldats syriens dans une vidéo sanglante. Face à cette nouvelle éruption de violence, Bernard Cazeneuve a réagi en qualifiant les terroristes de l'Etat Islamique de "groupe abject". 

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"Ils doivent être combattus à l’extérieur avec la coalition, et à l’intérieur avec la plus grande fermeté. Ces vidéos qui sont diffusées montrent la réalité des intentions de ce groupe, qui a abandonné toutes les valeurs construites par l’Humanité depuis des siècles et des siècles, et notamment celle de l’Islam abandonnées par ces terroristes", a poursuivi le ministre. 



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Malgré le recul observé des troupes de l'Etat Islamique à Kobani et en Irak, autour de la plus grande raffinerie du pays, ces exécutions prouvent que l'OEI est loin d'être vaincue. Ce que reconnaît humblement le locataire de la place Beauvau,qui affirme que "le combat contre les terroristes sera une opération au long cours. Nous faisons face à un groupe très organisé, le terrorisme auquel nous faisons face n’a rien à voir avec ce à quoi les pays occidentaux faisaient face auparavant." 

Sarkozy, "c'est deux mariages et un enterrement"

Le ministre a également réagi aux propos tenus hier par le candidat à la présidence de l'UMP, Nicolas Sarkozy lors d'un meeting, samedi. L'ancien président de la République s'est exprimé en faveur d'une abrogation de la loi Taubira sur le mariage gay, tout en restant assez flou sur sa position.

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Ce que n'a pas manqué de souligner Bernard Cazeneuve : "j’ai compris qu’il était pour deux mariages. Cette séquence d’hier soir, c’était deux mariages et un enterrement. Il y a les mariages homosexuel et hétérosexuel, et un enterrement : celui des promesses qu’il fait, avec toujours plus de fermeté et de capacité à agir. Il finit par céder à la foule, ce n’est pas ma conviction politique. Quand on a des convictions, on fait en sorte que la foule s’y rallie, pas l’inverse".



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