Bientôt une loi pour rendre le vote obligatoire ?

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François de Rugy, le coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée nationale va déposer un projet de loi pour lutter contre l'abstention.

L'INFO. N'en déplaise à Marine Le Pen, le Front national n'est pas le premier parti de France. Non, c'est bien l'abstention qui a le plus les faveurs des électeurs français. Lors des dernières élections européennes, 56% d'entre eux n'avaient ainsi pas jugé bon de se déplacer dans les urnes. Et la situation ne devrait pas être bien meilleure pour les élections départementales qui arrivent. Une situation dénoncée par l'ensemble de la classe politique. Le coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, François de Rugy, a voulu aller plus loin en proposant, dans la semaine, une loi rendant le vote obligatoire. "On lance le débat, on verra ce que ça donnera", a déclaré Barbara Pompili, co-présidente du groupe avec lui."

"La République, c'est des droits et des devoirs". "Personnellement, j'en ai un peu assez qu'à chaque élection on se lamente, on se mette à pleurer sur l'abstention et qu'on ne fasse rien", a-t-il expliqué mercredi sur Sud Radio. "Le suffrage est universel, et aujourd'hui il est universel pour même pas la moitié des français. Donc il y a une inégalité des Français devant le suffrage universel", a estimé le député écologiste. "Pour rétablir le suffrage universel en quelque sorte, il faut sans doute en passer par là, parce que la République, c'est des droits et des devoirs", a-t-il dit.

>> François de Rugy était l'invité d'Europe Midi jeudi :

"Ce serait une absurdité démocratique". Dans Le Parisien, François de Rugy va plus loin et imagine déjà une amende de 35 euros pour les gens qui n'auraient pas de raison valable de se rendre aux urnes. Pour Jérôme Chartier, député UMP du Val d'Oise, "ce serait une absurdité démocratique. La solution est dans les convictions : créer, proposer, innover". Le président (UMP) du Sénat Gérard Larcher s'est lui aussi dit opposé au vote obligatoire. "Naturellement, il faut encourager le vote. Mais casser le thermomètre ne révèlera pas une situation améliorée", a-t-il déclaré jeudi sur RTL "Voilà pourquoi il faut faire campagne pour expliquer l'importance des départementales", a-t-il poursuivi.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a également fait savoir qu'il n'était pas personnellement favorable à une législation de ce genre, préférant lui aussi mettre l'accent sur le travail de terrain pour mobiliser les électeurs. "Rendre le vote obligatoire lorsque l'on n'est pas capable nous, et je pense en particulier aux Verts, de s'unir et de rendre obligatoire l'idée toute simple, quand il y a une menace, et celle du Front national existe, de commencer par se rassembler...", a-t-il ironisé sur BFM TV et RMC.

L'exemple belge. Si François de Rugy doit donc se sentir bien seul sur la scène politique franco-française, il peut jeter un œil jaloux sur notre voisin belge. Depuis 1893, le vote est en effet obligatoire dans le Plat pays et tout citoyen récalcitrant peut être convoqué au tribunal et ensuite payer une amende. Résultat : le taux d'abstention aux dernières européennes n'était que de 10%. En Belgique, "le taux de participation est très fort, cette petite amende dissuade tout simplement", appuie logiquement le député écologiste.