Macron devant les évêques de France : "Il faut cesser les faux procès", défend Griveaux

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Alors que la polémique enfle après le discours d'Emmanuel Macron devant les évêques de France, Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, défend des propos qu'il juge laïcs et nuancés.

INTERVIEW

Emmanuel Macron souhaite "réparer" le lien entre l'Église catholique et l'Etat français, un lien qui "s'est abîmé", a-t-il déclaré lundi devant la Conférence des évêques de France. Ces propos ont choqué une partie de la gauche, qui s'est offusquée face à ce qu'elle considère comme une attaque contre la laïcité. Mais pour Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, "il faut cesser les faux procès".

"L'Etat est laïc, pas la société française". "Je regarde les réactions quasi-pavloviennes d’une partie de la classe politique française. En 140 signes dans un tweet, on condamne un discours de plus d’une heure. L’Etat est laïc en France, mais la société française n’est pas laïque", a-t-il défendu mardi dans la Matinale de Patrick Cohen, sur Europe 1. 

Entendu sur Europe 1
On sort toujours plus fort d’un dialogue nourri et exigeant avec ceux qui ont une présence dans la société française

Renouer le dialogue. Ce qui a abîmé le lien entre l'Église catholique et l'Etat français, selon Benjamin Griveaux, "c’est sans doute l’absence de dialogue". S'il tient à marquer sa différence de point de vue avec l'Institution sur certains sujets de bioéthique, le porte-parole du gouvernement considère que l'Eglise a droit à une voix. "Sans doute sortir les autorités religieuses du comité consultatif d’éthique n’était pas une bonne idée. Je ne partage pas certaines des convictions de l’Eglise catholique sur la PMA par exemple, ou sur le mariage, mais on sort toujours plus fort d’un dialogue nourri et exigeant avec ceux qui ont une présence dans la société française", juge-t-il. Et d'ajouter : "Je crois profondément que, de la même manière que le président doit dialoguer avec les Eglises, les Eglises doivent être pleinement dans leur siècle. Elles sont confrontées aux mouvements de la société française".

Emmanuel Macron "s'adresse à tous les Français". Selon le bras droit du président, Emmanuel Macron est dans son rôle en s'adressant aux Eglises, et ne fait pas de favoritisme envers les catholiques. "De la même manière qu’il est intervenu au Crif, qu’il était devant l’Eglise protestante, il s’adresse à tous les Français", a-t-il soutenu. Le chef de l'Etat est aussi critiqué pour avoir appelé les catholiques à s'engager politiquement. Là encore, pour Benjamin Griveaux, il n'y a pas lieu d'interpréter ses propos. "À chacun de s’engager pleinement dans la vie de la cité", a-t-il balayé.