Tapie : "j'ai pensé au suicide" après l'arbitrage invalidé

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LE GRAND RENDEZ-VOUS - L’arbitrage avait accordé 403 millions d'euros à Bernard Tapie pour solder son vieux litige avec le Crédit Lyonnais autour de la vente d'Adidas.

C'est l'une des premières fois qu'il s'exprime depuis la décision de la cour d'appel de Paris de rouvrir le feuilleton "Tapie Crédit-Lyonnais". En février dernier, la cour d'appel de Paris a en effet invalidé l’arbitrage qui, en 2008, avait accordé 403 millions d'euros à Bernard Tapie pour solder son vieux litige avec le Crédit Lyonnais autour de la vente d'Adidas dans les années 90. S'il "ne souhaite pas commenter cette décision de justice", l'homme d'affaires a seulement confié, dimanche matin lors du Grand Rendez-vous d'Europe1-ITélé-Le Monde, qu'en février dernier, il avait "pensé au suicide" en apprenant l'invalidation de l'arbitrage en sa faveur.

"Bien sûr, j’y ai réfléchi". "Vous savez, ce qui pousse les gens au suicide dans ce genre d'affaire, c'est quand on prend la conviction qu'on fait souffrir ceux qu'on aime. Évidemment (j’ai pensé au suicide, ndlr), je vois ma femme en train de subir une détresse incroyable, parce que, d'un seul coup, c'est la fin de ma vie. D'un seul coup on te dit : 'tu as 72 ans, tu as tout réussi, mais on va quand même te foutre dehors, parce que la cour d'appel a décidé ça'. (...) Bien sûr, j’y ai réfléchi. Tous les gens qui sont dans mon cas y réfléchissent. Ce n'est pas exceptionnel", a-t-il estimé.

"Ca va bien maintenant". L'homme d'affaires ensuite confie qu'il a pu compter sur le soutien de sa famille et de ses proches. "Après, les potes arrivent, les enfants... Et puis celle qui compte le plus pour moi me rassure. Elle m'a dit un truc incroyable. Pour me convaincre, elle m'a dit : 'laisse leur tout, on s'en va'. On s'en va faire une vie ailleurs. C'était pour me prouver que ma peur sur l'état dans lequel elle était n'était pas justifiée. Elle a eu une attitude que tous les hommes qui sont dans ma situation ont envie d'avoir", rapporte l'homme d'affaires au bord des larmes, avant de rassurer : "ça va bien maintenant".

En février dernier déjà, Bernard Tapie avait confié au Point sa "souffrance" et "l’acharnement" dont il s’estime victime depuis des années. Dans son livre Un scandale d'Etat, oui ! Mais pas celui qu'ils vous racontent il évoquait également ses pensées suicidaires : "J'avoue qu'il m'est arrivé de penser au suicide, moi aussi. Pourtant, Dieu sait que ce n'est pas dans mon caractère."

Tapie une nouvelle fois entendu le 6 mai prochain. Bernard Tapie est également revenu sur le fond de l'affaire Tapie et sur la décision de la cour d'appel de Paris d'invalider l'arbitrage en sa faveur. "Je ne souhaite pas parler de la décision car une décision de justice ça se respecte. On a toutefois les moyens de la contrer", a-t-il d'abord déclaré, faisant référence au pourvoi en cassation déposé par son avocat.

Bernard Tapie conteste la décision de la cour d'appel qui, pour rendre sa décision sur l'arbitrage, s'est appuyée sur des éléments de l'enquête pénale, alors que l'homme d'affaires assure n'avoir "jamais été interrogé par les juges sur le volet économique, donc pénal, de l’affaire". Il a par ailleurs fait savoir qu'il serait une nouvelle dois auditionné par les juges le 6 mai prochain.

Ecoutez l'intervention de l'homme d'affaires sur l'affaire Tapie :



Le Grand Rendez-Vous avec Bernard Tapie (partie 2)par Europe1fr

"Marion Maréchal-Le Pen ne peut pas gagner". L'ancien ministre de la Ville a aussi parlé de politique. Interrogé sur les chances de Marion Maréchal-Le Pen de remporter les élections régionales en région PACA, Bernard Tapie estime qu'elles sont faibles. Une région qui voit s'affronter Christophe Castaner (PS), Christian Estrosi (UMP) et Marion Maréchal-Le Pen. "Elle a de l’avenir, elle est talentueuse, mais en dehors de ça, elle n’a pas d’équipe. Je ne veux pas qu’on fasse de la petite fille la star de l’élection régionale. On va la laisser à sa place, à son niveau. Et son niveau est loin des deux autres. Marion Maréchal-Le Pen ne peut pas gagner avec les concurrents qui lui font face", estime l'homme d'affaires qui ne compte pas rester neutre pendant cette élection.

"Je vais suivre l’élection. Je vais dire les choses. Je ne vais plus dire ce que je disais avec le père. Mais je vais dire les choses, dire que c’est une catastrophe", prévient-il.

Ecoutez l'intervention de Bernard Tapie sur Marion Maréchal-Le Pen :



Le Grand Rendez-Vous avec Bernard Tapie (partie 1)par Europe1fr

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