Ali al-Nimr : Jack Lang ne veut pas rompre avec l'Arabie Saoudite

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"La peine de mort est une monstruosité. Mais les combats se gagnent dans la durée", assure le président de l'Institut du monde arabe.

INTERVIEW

Ali al-Nimr, jeune Saoudien de 21 ans, est condamné à mort, à la crucifixion et à la putréfaction en place public pour avoir participé à des manifestations lorsqu'il avait 17 ans. François Hollande a "demandé à l'Arabie Saoudite de renoncer à son exécution au nom de ce principe essentiel que la peine de mort doit être abolie et que les exécutions doivent être empêchées". Même son de cloche du côté du Quai d'Orsay, qui n'hésite pas à condamner son allié arabe. Mais l'exécutif ne pourrait-il pas en faire davantage ?

"La peine de mort est une monstruosité. Mais [...] j'observe un silence absolu (des médias) sur les exécutions aux USA, en Iran, en Chine, pays parmi les plus exécuteurs du monde", botte en touche Jack Lang, président de l'Institut du monde arabe. Selon lui, les partenariats culturels et militaires entre la France et l'Arabie Saoudite ne doivent pas être remis en question. "Ça n'a aucun rapport", assure l'ancien ministre de François Mitterrand.  

"Les combats se gagnent dans la durée". "A chaque fois que François Hollande va dans une capitale concernée, il dit ce qu'il a à dire. Sa parole a une autorité morale. Je sais que les combats ne se gagnent qu'avec de l’entêtement, de la durée et des rencontres. L'accueil en France, par exemple, d'étudiants saoudiens, peut faire avancer les choses. Je réprouve avec autant de forces ces actes cruels et insupportables que je crois au mouvement qui est enclenché aujourd'hui avec l'Arabie Saoudite, par les échanges culturels, par la venue d'étudiants et de chercheurs en France, par l'organisation d’événements, par l'installation d'infrastructures".

Jack Lang évoque également "tout le combat que nous menons, en lien avec l'Arabie Saoudite, contre les terroristes de l'Etat islamique". Lui refuse de comparer le groupe terroriste avec l'Arabie Saoudite, pourtant ultra-autoritaire. "L'Etat Islamique veut établir une dictature excluant toute forme de croyances", martèle Jack Lang. Qui croît, tout de même, que "l'avenir des valeurs humaines se fera". 

>> Pour écouter l'intégralité de l'interview, c'est ici :