Affaire Business France : "je crois en la justice", assure Muriel Pénicaud

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Après les soupçons de non-respect des règles de concurrence alors qu'elle était à la tête de Business France, la ministre du Travail s'est déclarée "sereine". 

INTERVIEW

La ministre du Travail est dans la tourmente mais ne tremble pas. Empêtrée dans une affaire de non-respect présumé des règles de concurrence alors qu'elle était en charge d'un organisme public, Muriel Pénicaud a assuré au Grand rendez-vous qu'elle était "très sereine". 

"Je suis concentrée sur la réforme" du Code du travail. "Je suis très sereine pour plusieurs raisons", explique la ministre du Travail. "La première, c’est que je sais que je n’ai rien à me reprocher sur ce sujet", poursuit-elle. "Je suis très confiante en la justice, qui a eu accès aux deux rapports - des rapports qui me mettent clairement hors de cause - saura dans sa sagesse le reconnaître. Après, c’est dur, ce n’est pas agréable. Je suis concentré entièrement […] sur la réforme pour laquelle j’ai été nommé". Vendredi dernier dans un communiqué, elle avait déjà affiché la même sérénité

"Business France parmi les bons élèves". "Sur le sujet du CES à Las Vegas, il y a eu une erreur sur la procédure de marché public", explique dans le détail Muriel Pénicaud. "Business France l’a reconnu et dès que j’ai été alerté, c’est moi qui ait déclenché l’audit pour éclaircir le sujet. Après, d’autres journalistes parlent d’un sujet qui n’a strictement rien à voir. Vous savez, si vous regardez le bilan de la Cour des comptes 2016, ils ont salué la gestion de Business France parmi les bons élèves". Et d’enfoncer le clou : "moi, je crois en la Cour des comptes et en la justice. 

Aucun devis, aucun bon de commande retrouvé. En janvier 2016, Muriel Pénicaud dirige l'agence Business France. C'est son organisme qui est chargé d'organiser, pour la venue du ministre Macron, une soirée à Las Vegas. Les délais sont courts, les invités nombreux. Chez Business France, on fait vite, quitte à faire flamber le budget : 380.000 euros, c'est le coût total de cette soirée. Problème : aucun devis, aucun bon de commande n'a jusqu'à ce jour été retrouvé. Pire encore, il n'y aurait pas eu d'appel d'offres pour mettre en concurrence des prestataires. Vendredi, une information judiciaire a été ouverte. Des juges d'instruction vont être saisis pour déterminer les responsabilités, dans ce qui apparaît comme un délit de favoritisme.