Absentéisme des députés : "l'Assemblée nationale tourne à vide"

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Olivier Falorni, député divers gauche de Charente-Maritime, fustige l’absentéisme des députés qui a bondi de plus de 20% depuis la rentrée parlementaire. 

INTERVIEW

"Malheureusement, je ne peux que confirmer ce qui a été dit". Invité d'Europe Midi lundi, le député divers gauche de Charente-Maritime, Olivier Falorni, a déploré l’absentéisme des députés qui a bondi de plus de 20% depuis la rentrée parlementaire, selon les chiffres révélés par Europe 1. L'ancien rival de Ségolène Royal lors des législatives de 2012 l'a reconnu : "Aujourd'hui, l'Assemblée nationale tourne à vide". 

La circonscrpition plutôt que l'hémicyle. "Le contenant est vide mais malheureusement, le contenu est vide aussi", a d'abord regretté Olivier Falorni, expliquant que "les grands textes ne sont plus à l'ordre du jour". Il y a des raisons bassement politiciennes à cet absentéisme", a poursuivi le député, citant ces "députés de la majorité écœurés, démotivés et puis inquiets de ne pas être réélus en juin prochain". Pour tenter d'assurer leur réélection, les députés préfèrent donc retourner dans leur circonscription plutôt que de siéger dans l'hémicycle. 

"Et puis, il y a des raisons profondément institutionnelles", a ajouté Olivier Falorni. "Sans s'en rendre compte, la France est passée du septennat au quadriennat en quelques années". "C'est une forme d'américanisation de la vie politique", a-t-il encore dénoncé. Une cause à cela : "l'instauration des primaires à gauche comme à droite" qui a pour conséquence de réduire "le temps utile à quatre ans". "L'Élysée semble s'être transformée plus en centre de shoot médiatique plutôt qu'en lieu d'où sortent des propositions de loi", a-t-il critiqué. 

"Des députés au boulot plutôt que des députés godillots". Comment dès lors lutter contre cet absentéisme parlementaire ? Pour Olivier Falorni, le non-cumul des mandats est l'une des réponses incontournables. "Ensuite", plaide-t-il, il faut redonner du pouvoir et de la marge de manœuvre à l'Assemblée. "Aujourd'hui, l'exécutif a une prééminence excessive sur le Parlement, qui est souvent un Parlement croupion", a-t-il observé, pointant du doigt certains "députés qui y participent allègrement en étant des députés godillots". "Et bien moi, je préfère des députés au boulot que des députés godillots", a-t-il conclu.