A Sciences Po, le FN peine à s'imposer

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A Sciences Po, le FN peine à s'imposer
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EXTRÊME DROITE - Pour séduire les classes supérieures, qui lui résistent encore, le parti frontiste tente de se faire une place au sein des grandes écoles, en commençant par Sciences Po. Mais ce n'est pas gagné.

La prise était belle, en octobre dernier. Le Front national avait réussi à faire élire son association étudiante à Sciences Po. L'occasion, pour le parti de Marine Le Pen, de remettre un pied dans cette grande école, qu'il avait déjà investie dans les années 1990.

Stratégie d'implantation. Cette élection avait, à l'époque, largement été montée en épingle par les responsables frontistes, Marine Le Pen en tête. La présidente n'avait pas hésité à affirmer que le Front national était devenu la deuxième force politique rue Saint-Guillaume. Si la méthode de reconnaissance des associations de Sciences Po ne permet pas de tirer cette conclusion, cet événement n'en illustre pas moins la stratégie d'implantation du Front national dans les milieux les plus diplômés. Le parti s'attache en effet à séduire les classes supérieures, cadres et CSP+, qui lui échappent toujours.

Seulement 15 membres. Mais la tâche est loin d'être aisée. A Sciences Po, le Front national n'est toujours pas en terrain conquis. Près de cinq mois après l'élection, l'association a certes triplé le nombre de ses adhérents, mais ces derniers ne sont que 15. Loin, très loin de la centaine que compte l'association des Républicains. Pour tenter d'attirer des adhérents, le parti frontiste met en avant la possibilité d'une carrière politique éclair, à l'image de celle qu'ont pu suivre ses têtes d'affiche. David Rachline est ainsi devenu sénateur à 27 ans, tandis que Marion Maréchal-Le Pen s'est assise sur les bancs de l'Assemblée nationale alors qu'elle n'en avait que 22.

La "force jeune". "Le Front national mise sur les jeunes et n'a pas peur de leur donner leur chance", explique Aymeric Merlaud, l'un des étudiants à l'initiative de ce FN Sciences Po. Pour celui qui joue les VRP, "les autres partis politiques [représentent] une classe vieillissante, ringarde, qui squatte les postes depuis maintenant 30 ans. On apporte un nouveau souffle. Le Front national est une force jeune". L'argument fait parfois mouche. Sur les cinq membres fondateurs de l'association, quatre sont aujourd'hui conseillers régionaux, candidats potentiels aux législatives de 2017. Une montée en grade improbable dans d'autres partis politiques.

Après Sciences Po, le Front national espère attirer d'autres têtes bien faites. HEC, l'école normale supérieure et les Instituts d'études politiques de province sont les prochains établissements dans son viseur.