Virginie Tellenne, ni "pute" ni Frigide

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Virginie Tellenne, ni "pute" ni Frigide
@ Reuters/Bruno Tessier
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ALIAS - Invitée à répondre à Laurent Baffie qui l’a traitée de "pute" en direct sur le service public, Frigide Barjot a mis, sur Europe 1, un point d’honneur à être appelée par sa vraie identité.

Il n'aura fallu que deux secondes à Frigide Barjot pour rappeler à l’ordre Jean-Marc Morandini qui la présentait sur Europe 1 par ce surnom qu’elle porte depuis les années 1980. "Il faut m’appeler Virginie maintenant", a précisé la pasionaria de la Manif pour Tous, renvoyant le journaliste à son état civil : Virginie Tellenne, née Merle.

"Frigide Barjot, on ne l’oublie pas mais on passe à une nouvelle séquence. Une séquence où on veut débattre sérieusement, sereinement pour un prochain consensus dans ce pays. Frigide est là pour rigoler, là on est vraiment sérieux aujourd’hui", a poursuivi celle qui fut le mois dernier contrainte de quitter le logement social qu’elle occupait à Paris, un duplex de 173m².

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Un nom associé aux dérapages. Invitée à réagir aux propos de l’humoriste Laurent Baffie qui l’a traitée de "pute" lundi soir sur France 5, Frigide Barjot a d’abord dû justifier ce rejet du pseudonyme qui l’a rendue célèbre. À Jean-Marc Morandini qui lui demandait si elle "enterrait" ce surnom en raison des polémiques, l’interprète de Fais-moi l’amour avec deux doigts a avancé que ce personnage était là pour "soulever un mouvement dans la joie et dans un côté festif pour qu’à aucun moment il n’y ait des dérapages".

"Il y a eu des dérapages, j’en demande encore pardon", a confessé Barjot ; référence, sans la nommer, à sa déclaration du 12 avril 2013, "Hollande veut du sang, il en aura !"

À noter que le personnage de Frigide Barjot est bien antérieur à la mobilisation contre le mariage homosexuel et ses dérapages. En 1990, elle se présentait ainsi dans un reportage de FR3 : "Je m’appelle Frigide Barjot, chanteuse auxiliaire du groupe Jalons". Une époque où elle était aussi un des visages de la nuit parisienne, occasionnellement chroniqueuse télé, avec aussi quelques livres loufoques à son actif. 

Frigide Barjot 1990 FR3 494 371

Baffie et les reprises. À l’heure où Nicolas Sarkozy souhaite abroger la loi Taubira, Virginie Tellenne aurait souhaité débattre de ce sujet avec Laurent Baffie, lui qui s’est écrié lundi "Elle est pas là, la pute ?" (sic) en entrant sur le plateau de France 5 qu’elle venait de quitter.

Au-delà de l’insulte, c’est aussi la reprise de la séquence, notamment sur D8 chez Cyril Hanouna, dans une émission que Constance Tellenne, la fille de Frigide Barjot âgée de 12 ans, "adore", qui a heurté celle qui a aussi chanté dans un groupe nommé Dead Pompidou’s. Un tel qualificatif en son absence a "blessé toutes les femmes [qu’elle] représente", a affirmé l’ex-égérie du Banana Café. Tellenne demande donc réparation : des excuses, face à face, avec des explications sur le comportement d’un Baffie pourtant croisé quelques minutes avec son insulte de lundi, sans drame. "On était ensemble au maquillage ! Il était temps qu’il me traite de pute en face !"

Pas d’abrogation du mariage pour tous, mais... Un an et demi après les dérapages et l’adoption de la loi Taubira, la même Frigide Barjot appelle aujourd’hui à un débat apaisé sur la filiation et le droit des enfants dans le mariage homosexuel. "Je pense qu’on va faire une petite pause sur Frigide qui ira chanter et faire la fête, et Virginie va essayer d’ouvrir le débat pour dire qu’on n’abrogera jamais le mariage homosexuel".

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Pas d’abrogation mais une réécriture : "Nicolas Sarkozy ne veut pas l’abrogation du mariage, il veut deux unions totalement égales et réécrire la loi sur la filiation, je suis d’accord", a t-elle avancé sur Europe 1.