Liberté de la presse : pourquoi la France est si mal classée

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Liberté de la presse : pourquoi la France est si mal classée
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INFORMATION - Reporters Sans Frontières vient de publier son classement mondial de la liberté de la presse pour l'année 2014. La France est 38ème. 

38ème, derrière l'essentiel de l'Europe et des nations telles que le Bélize, le Ghana ou Chypre. C'est la place de la France dans le classement 2015 de la liberté de la presse dans le monde, établi par Reporters Sans Frontières. L'année 2014 a été marquée par "une regression brutale" avec les deux tiers des 180 pays qui font moins bien qu'en 2013. 

Le nord de l'Europe plébiscité. Les premiers rangs du classement sont trustés par les pays nordiques. Finlande, Norvège, Danemark, Pays-Bas et Suède occupent les cinq premières places. Le classement repose sur sept indicateurs : niveau des exactions, étendue du pluralisme, indépendance des médias, environnement et autocensure, cadre légal, transparence et infrastructures.

L'Europe de l'Ouest peut mieux faire. Portugal, Espagne, Royaume-Uni et France sont marqués en jaune, la couleur du premier seuil d'alerte. 38ème, la France gagne une place par rapport au précédent classement. Elle était 19ème il y a dix ans.

RSF reproche à la France la violence envers les journalistes lors des manifestations, et le projet de loi sur le secret des sources qui n'a pas encore été adopté. L'ONG dénonce aussi "un niveau élevé" de conflits d'intérêts et la loi de programmation militaire qui permet les mises sur écoute administrative. RSF précise que les assassinats du personnel de Charlie Hebdo seront pris en compte dans le classement prévu pour début 2016. 

La Syrie, pays le plus meurtrier. Au fond du classement, on trouve la Corée du Nord ou le Turkménistan. La Syrie, elle, est désignée pays le plus meurtrier avec 5 journalistes et 17 "net-citoyens" tués l'an dernier. RSF place la Syrie à un rang d'écart de la Chine, 176ème dans le classement. L'association pointe l'interdiction formulée aux journalistes d’"émettre des critiques non autorisées" et les séances d'autocritique télévisées auxquelles ont dû se soumettre deux journalistes en 2014.