Francis Guthleben : "France Télévisions ne dit pas la vérité"

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Cet expert en analyse médias, qui a collaboré plus de dix ans avec France Télés, sort mercredi un ouvrage sur le service public audiovisuel français, intitulé "Sauvons France Télévisions".

Francis Guthleben est l'auteur d'un livre qui fait du bruit. Cet expert en analyse médias, qui a collaboré plus de dix ans avec France Télés, sort mercredi un ouvrage sur le service public audiovisuel français, intitulé Sauvons France Télévisions. Il y expose ses idées parfois choc : il propose notamment de supprimer certaines chaînes, des journaux télévisés ou encore de refonder France 3. Invité du Grand Direct des Médias mercredi matin, il évoque son projet, déjà controversé.

Francis Guthleben "accuse France Télévision de mentir". Le constat est "dur" mais "réaliste" selon Francis Guthleben qui décrit un service public audiovisuel "à la dérive" dans son livre. "France Télévisions ne dit pas la vérité", affirme encore l'expert. "Rémy Pflimlin est parti au mois d'août en évoquant un déficit pour l'année 2015 de 10 millions d'euros. A la fin de mon livre, je révèle un entretien que j'ai eu avec le ministère de la Culture, avec un responsable qui connaît parfaitement la situation de France Télés, qui me dit que le (même) déficit est entre 50 et 60 millions d'euros." Ce chiffre n'a jamais été donné par Delphine Ernotte, la nouvelle présidente de France Télévisions... Officiellement, du moins. Dans une lettre adressée aux administrateurs que s'était procuré Le Figaro en septembre dernier, Delphine Ernotte tirait en effet la sonnette d'alarme sur les finances du groupe et évoquait elle aussi le chiffre de 50 millions. Insistant sur une situation intolérable "pour les 98% de Français qui payent la redevance", il rappelle qu'il s'agit de "l'argent des Français et qu'il doit être dépensé sérieusement".

Les JT ? Seulement "de la rediffusion". "Mon livre est avant tout un livre de propositions", explique l'auteur de Sauvons France Télévisions. L'une d'elles ? Supprimer les journaux. "Je ne suis pas fou mais avant-gardiste", assure Francis Guthleben. Certes, les journaux réunissent quelque "cinq ou six millions de téléspectateurs", concède-t-il, mais "aujourd'hui, quand les journaux commencent à 13h et à 20h, tous les Français ont déjà eu accès à ces informations. Ce n'est donc que de la rediffusion". Francis Guthleben dénonce enfin "'l'infobésité', c'est-à-dire la surcharge d'informations" et rappelle que le public a besoin "d'une information immédiate".   

Hasard du calendrier, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, s'est engagée mercredi sur un "déficit zéro en 2016", revenant sur sa prévision annoncée mi-septembre d'un déficit de 50 millions d'euros. "Comment va-t-on faire ce déficit zéro? Pour 2016, ce ne sera pas des réformes structurelles mais conjoncturelles: on aménage nos grilles, on renégocie certains contrats, on utilise mieux la multi-diffusion pour aller chercher ce complément et être à l'équilibre en 2016. Donc, je ne lâcherai rien sur le plan des économies", a-t-elle expliqué. Mi-septembre, elle avait averti que le déficit du groupe public pourrait atteindre 50 millions d'euros à l'horizon 2016, après le refus du gouvernement d'un retour de la publicité après 20H00 et d'une hausse de la redevance.