Entretien avec Bachar el-Assad : Pujadas s'explique

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Entretien avec Bachar el-Assad : Pujadas s'explique
@ Capture France 2
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POLÉMIQUE - Critiqué, notamment par des personnalités politiques, pour son entretien avec Bachar el-Assad, le service public répond sur Europe 1 par la voix de son présentateur-vedette.

Fallait-il se rendre en Syrie et interroger Bachar el-Assad ? Depuis la diffusion lundi soir d'une interview du chef de l'Etat syrien réalisée à Damas, le journal de 20 heures de France 2 est la cible de vives critiques, notamment en provenance du monde politique.

Plusieurs personnalités socialistes ont élevé la voix contre cet entretien, proposé en partie dans le journal de lundi et en intégralité sur le site de France 2. "À quoi sert cet entretien ?", s'est interrogé le député Alexis Bachelay. François Lamy, député de l'Essonne, y a vu pour sa part une séquence "déshonorante pour le service public". 

"Un intérêt journalistique". Sur Europe 1, David Pujadas a tenu à marquer la distance entre le travail de journaliste et la position diplomatique qui consiste à ne plus considérer Bachar el-Assad comme interlocuteur. "Nos missions ne sont pas les mêmes. Notre mission est d'informer, ce sont des intérêts contradictoires", a expliqué le journaliste pour expliquer la raison de ces critiques. 

"La question qui se pose, c'est de savoir si interviewer le protagoniste principal d'un des pires conflits des vingt dernières années représente un intérêt journalistique, quelque chose qui permet de se forger une opinion. La réponse est indéniablement oui. Cette interview a un intérêt journalistique ; mais on peut comprendre que, du point de vue du Quai d'Orsay, ça grince des dents !", a concédé le journaliste.

Pujadas n'a "pas beaucoup" hésité. À Jean-Marc Morandini qui lui demandait s'il avait hésité avant de réaliser cet entretien, David Pujadas a indiqué qu'il n'avait "pas beaucoup" cogité, pas plus que ses confrères étrangers qui ont pu eux aussi décrocher des entretiens avec le dirigeant syrien. "On a envie de confronter Bachar el-Assad à certains faits", a opposé le journaliste, qui a précisé qu'il n'y a pas eu de contraintes particulières de la part du régime syrien, sinon sur la durée de l'entretien et le respect des réponses de Bachar. 

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