Au Figaro, "on croit encore beaucoup au papier"

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L'Alliance pour les chiffres de la presse et des médias a dévoilé jeudi les premières tendances de diffusion de la presse française, et elles ne sont pas bonnes. "Le Figaro" garde pourtant toute sa confiance dans le papier.

INTERVIEW

Les chiffres sont globalement mauvais pour la presse papier française. Si de bonnes ventes numériques ont fait reprendre des couleurs aux journaux nationaux, les ventes de titres de presse grand public ont baissé de 3,1% en 2017, selon les premières tendances diffusées jeudi par l'Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM). Si la situation est inquiétante, voire critique, pour bon nombre de titres de presse, Le Figaro se distingue par sa solidité. 

"Une autre façon de traiter l'information". "Le papier n'est évidemment pas fini", a assuré Marc Feuillée, directeur général du groupe Le Figaro, invité de Village Médias sur Europe 1 jeudi. "Pour Le Figaro, le papier représente encore 40 à 50% de ses revenus. Plus que jamais, je pense que la presse imprimée représente une autre façon de traiter de l'information, avec plus de recul et plus d'élégance. (…) On croit encore beaucoup au papier", a-t-il ajouté.

Un nouveau magazine papier. La direction du quotidien semble si confiante qu'elle prévoit de renforcer son offre papier… tout en s'appuyant sur le numérique. Le 29 mars sortira Le Journal des Femmes, un magazine papier calqué sur un site satellite du même nom, propriété du groupe. "C'est le premier site féminin en France avec 13 millions de visiteurs uniques. (…) On tire beaucoup d'enseignements des centres d'intérêt de nos lectrices internautes. C'est tout ce travail que l'on va porter en presse magazine, avec évidemment un autre mode d'écriture, plus de recul et plus de mise en scène", détaille Marc Feuillée. Le groupe, qui possède déjà Madame Figaro, ne craint pas la concurrence entre ses deux titres. "Madame Figaro est un journal de mode, sur les tendances. Le Journal des Femmes sera plus destiné aux problématiques sociétales et pratiques de nos lectrices", précise le directeur général.

Plusieurs nouveaux suppléments. Fort de la diversité de ses sites satellites, le groupe entend multiplier les ponts entre numérique et papier. En plus du Journal des Femmes, plusieurs nouveaux suppléments vont être lancés prochainement, annonce Marc Feuillée. Un premier cahier consacré à la high tech, inspiré du site Le Journal du Net, sera en kiosques une fois par mois. Un cahier sur l'immobilier, et un autre "sur les décideurs, en liaison avec nos sites sur les carrières", vont également voir le jour. Autant de "supports privilégiés pour la publicité", concède Marc Feuillée. Une source de revenus dont le groupe ne évidemment pas se passer.