Vietnam : libération de policiers retenus en otages par des villageois

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Vietnam : libération de policiers retenus en otages par des villageois
Les 19 derniers policiers retenus en otages ont été libérés samedi.@ STR / AFP
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Une quarantaine de policiers avaient été pris en otage il y a une semaine par des villageois qui protestaient contre la confiscation de leurs terres par l'État.

Des villageois protestant contre la confiscation de leurs terres dans le nord du Vietnam ont libéré samedi près d'une vingtaine de policiers et responsables locaux qu'ils retenaient en otages depuis une semaine, ont rapporté les médias officiels. Cette situation inédite sous le régime communiste s'est déroulée à My Duc, à une cinquantaine de kilomètres d'Hanoï où des habitants se sont révoltés la semaine dernière contre la décision des autorités de s'emparer de certaines terres au profit d'une société de télécommunication détenue par l'armée.

Le village se barricade. Après l'arrestation de villageois protestataires, dont un homme de 82 ans, des habitants ont répliqué en faisant prisonniers, samedi dernier, près d'une quarantaine de policiers et fonctionnaires locaux. Trois d'entre eux se sont échappés et 16 autres ont été libérés lundi tandis que les villageois arrêtés étaient aussi libérés. Craignant une intervention de la police, le village s'était barricadé derrière des piles de bois, des sacs de sable et des briques, selon une villageoise. Le maire de Hanoï, Nguyen Duc Chung, s'est rendu samedi sur place. Au terme des négociations, les 19 otages restants ont été libérés, selon le journal d'État Tuoi Tre.

L'expropriation des villageois. "Nous reconnaissons avoir eu tort de retenir ces gens", a déclaré lors de la rencontre avec le maire un habitant, Bui Van Ky, cité par le Tuoi Tre. Mais, a-t-il ajouté, l'annonce de la confiscation de terres arables "nous a mis dans une grande colère". Au Vietnam, la terre est la propriété de l'État qui n'hésite pas à exproprier les gens en versant des contreparties jugées dérisoires par les habitants. En 2012, le propriétaire d'une entreprise piscicole avait eu recours à des armes artisanales pour tenter d'empêcher son expulsion, blessant sept policiers. Son cas est devenu le symbole du mécontentement croissant dans le pays concernant l'accès à la terre.