Un mois après la chute du pont, Gênes respecte une minute de silence

  • A
  • A
Un mois après la chute du pont, Gênes respecte une minute de silence
A 11h36 vendredi, la ville a observé une minute de silence dans les rues, sur les places, dans les écoles. @ MARCO BERTORELLO / AFP
Partagez sur :

Vendredi, en fin de matinée, les Génois ont respecté une minute de silence en souvenir de l'effondrement du pont qui a fait 43 morts en août dernier. 

Le 14 août, Gênes vivait l'une des plus grandes tragédies de son histoire, avec la chute meurtrière du Pont Morandi. Un mois plus tard, la ville panse encore ses plaies, tout en tentant de regarder vers l'avenir. A 11h36 (10h36 en France) vendredi, la ville a observé une minute de silence dans les rues, sur les places, dans les écoles, pendant que les églises sonnaient le glas. Un rassemblement était aussi prévu en fin d'après-midi pour rendre hommage aux 43 morts et aux dizaines de blessés.

500 évacués de la "zone rouge". "Ce jour-là, j'étais chez moi, je dormais, car je travaille de nuit. A 11h36, j'ai entendu un très grand bruit. Je n'aurais jamais pensé que cela puisse être le pont. Il y avait de l'orage, j'ai pensé à un coup de tonnerre ou peut-être à un tremblement de terre", se souvient Giovanni Genco. Avec sa femme, sa fille de 16 ans et ses beaux-parents, il fait partie des plus de 500 évacués de la "zone rouge", située sous ce qui reste du pont et condamnée par les opérations de destruction prévues. Il n'est retourné chez lui qu'une seule fois, pour récupérer quelques affaires. "J'irai avec ma famille saluer l'appartement et puis basta", dit-il les larmes aux yeux, en soulignant que Autostrade per l'Italia -(e gestionnaire du pont) a "détruit 20 ans de leur vie" car cet appartement représentait "tout" pour eux. Cet ouvrier de la sidérurgie de 50 ans espère pouvoir louer rapidement un appartement dans le quartier. "J'ai grandi ici, j'y ai mes amis, le club de foot où je joue, tout".

"Ils nous disent de pleurer, c'est un exutoire". Chaque jour, de nombreux "évacués" se retrouvent dans des tentes improvisées rue Fillak : quelques chaises, des tables, un frigo. Ils mangent ensemble, parlent, pour garder le lien et surtout le moral. "On va tous voir le psychologue. Parce ça ne va pas. Ils nous font parler, ils nous disent de pleurer, c'est un exutoire", souligne Liliana Morando, 90 ans. Avec ses deux filles, elle a trouvé refuge chez des amis. "On attend qu'ils nous donnent un logement" provisoire, avant que les Autostrade nous paient une nouvelle maison, explique-t-elle.

Une partie de Gênes séparée du reste. Mais au-delà des habitants directement concernés, c'est toute la ville qui est touchée par le deuil et la perte de cette artère stratégique. La construction d'un nouveau pont (vraisemblablement selon le plan dessiné par le célèbre architecte gênois Renzo Piano) doit débuter dans les prochains mois. En attendant, la circulation a été complètement réorganisée. Quelques bouchons se forment aux heures de pointe mais le spectre d'une ville complètement bloquée a été évité. En revanche, une partie de Gênes est comme séparée du reste, obligeant à d'importants détours.