Un ministre allemand accuse des partisans d'Erdogan de harceler sa femme

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Un ministre allemand accuse des partisans d'Erdogan de harceler sa femme
Sigmar Gabriel fustige le climat qu'Erdogan contribue selon lui à créer.@ AFP
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Sigmar Gabriel, ministre des Affaires étrangères allemand, a accusé certains partisans d'Erdogan de harceler sa femme. Il accuse le président turc d'entretenir un climat rendant possible ces attaques.

Le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel a accusé des partisans du pouvoir turc d'avoir menacé sa femme parce qu'ils se sont sentis encouragés par une sortie agressive du président Recep Tayyip Erdogan à son encontre.

"Harceler et tourmenter ma femme". Avec "la manière dont Monsieur Erdogan fait les choses, certains se sentent du coup clairement motivés pour harceler et tourmenter ma femme. Je trouve que c'est un événement grave", a-t-il dit dans des propos diffusés mardi par la chaîne d'information allemande n-tv, expliquant qu'il s'agissait d'appels menaçants sans plus de précisions.

"Quand le sommet de l'État s'en prend à des personnes en particulier, il y a malheureusement des gens qui considèrent qu'ils ont le droit de harceler", a-t-il dit aussi à l'agence DPA.



Une attaque très personnelle d'Erdogan. Le ministre se réfère à l'attaque très agressive et personnelle lancée par Recep Tayyip Erdogan en réaction aux accusations d'ingérence du gouvernement allemand.

Sigmar Gabriel "ne connaît aucune limite ! Qui es-tu pour parler au président de la Turquie ? (...) Connais tes limites ! Il tente de nous faire la leçon (...) Depuis combien de temps fais-tu de la politique ? Quel âge as-tu ?", avait lâché Recep Erdogan dans un discours télévisé.

Relations tendues.L'Allemagne et la Turquie entretiennent des relations toujours plus tendues, en particulier depuis le putsch avorté de juillet 2016 en Turquie et les critiques allemandes sur les purges qui ont suivi. Ankara accuse ainsi Berlin de protéger des "terroristes".

Erdogan a provoqué une nouvelle crise la semaine dernière, en appelant les électeurs germano-turcs à voter notamment contre le parti de la chancelière Angela Merkel, la CDU, et celui de Sigmar Gabriel, le SPD, lors des législatives du 24 septembre.