Un A340 d'Air France passé près du crash à Bogota le 11 mars

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Un A340 d'Air France passé près du crash à Bogota le 11 mars
Air France et le Bureau d’enquête et d’analyses ont ouvert chacun une enquête. @ AFP
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Le 11 mars, un Airbus A340-300 d’Air France assurant la liaison Bogota-Paris a failli ne pas réussir à décoller.

Un incident très grave s’est produit sur la piste de l’aéroport de Bogota en Colombie le 11 mars dernier. Un Airbus A340-300 d’Air France assurant la liaison Bogota-Paris a failli ne pas réussir à décoller. Il a parcouru toute la piste et ne s’est élevé dans les airs qu'à la dernière seconde. Il n’était qu’à 1,50 mètre au-dessus du sol au moment de dépasser le bout de la piste. Un nouvel incident avec le même appareil s’était produit au même endroit le 4 avril.

Pas de faute de l'équipage. Air France et le Bureau d’enquête et d’analyses ont ouvert chacun une enquête. Mais officiellement, la compagnie aérienne ne sait pas ce qui s’est passé le 11 mars. Air France ne relève aucune faute de l’équipage. 

Un aéroport qui n'est pas un cadeau. Elle met surtout en avant les conditions locales. Car l’aéroport El Dorado de Bogota, n’a rien d’un cadeau pour les pilotes. Non seulement sa piste est un peu courte, car elle mesure 400 mètres de moins que celle de Roissy par exemple, mais en plus par son altitude, 2.500 m, et par la chaleur qui y règne souvent, il est parmi les plus délicats au monde. "C'est un aéroport sur lequel on a des facteurs défavorables. Quand il fait très chaud, l'air est moins dense et il est moins porteur", précise Xavier Tytelman, consultant en sécurité aérienne. "Quand on est en haute altitude, c'est la même chose. On a une pression atmosphérique qui est faible et donc les ailes de l'avion vont moins nous aspirer".

Le poids des avions limité. Trois compagnies utilisent des A340 à Bogota : Air France, Iberia et Lufthansa, qui a aussi subi un incident semblable récemment. Air France de son côté, se donne de la marge : désormais les pilotes calculent leur décollage de Bogota comme si la piste faisait 200 mètres de moins que sa vraie longueur. Et le poids des avions est limité, quitte à emporter moins de carburant et à devoir faire une escale technique aux Antilles, comme c’est arrivé il y a peu. Quant à l’avion en question, il va être pesé. Et si tous les A340 posaient un problème potentiel, Air France n’exclut pas d’utiliser des Boeing 787 sur cette ligne.