Transférer l'ambassade américaine à Jérusalem serait "une provocation", estime Jean-Marc Ayrault

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Transférer l'ambassade américaine à Jérusalem serait "une provocation", estime Jean-Marc Ayrault
@ STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Le ministre des Affaires étrangères avertit le président américain sur sa volonté de transfert de l'ambassade américaine. 

Le projet du président élu américain Donald Trump de transférer l'ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem pourrait être "extrêmement lourd de conséquences", a averti dimanche le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, alors que se tient à Paris une conférence pour relancer le processus de paix, dimanche.

"Lourd de conséquences". "Je crois que Donald Trump sera dans l'impossibilité de le faire", a estimé Jean-Marc Ayrault sur la chaîne télévisée France 3. "Ce serait extrêmement lourd de conséquences [...] Quand on est président des États-Unis, sur cette question on ne peut pas avoir une position aussi tranchée, aussi unilatérale, il faut chercher à créer les conditions de la paix", a-t-il ajouté.

Ces propos reflètent l'inquiétude provoquée dans la communauté internationale par la stratégie imprévisible de Trump sur le dossier israélo-palestinien. Le président élu américain, qui entrera dans cinq jours à la Maison Blanche, s'est distingué durant sa campagne par des positions très pro-israéliennes et a promis de transférer l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Une telle mesure romprait avec la politique historique des États-Unis et irait à l'encontre de la position de l'ONU, pour laquelle le statut de Jérusalem, également revendiquée par les Palestiniens comme capitale de leur futur État, doit se régler par la négociation.

Abbas menace de revenir sur la reconnaissance d'Israël. Les Palestiniens ont d'ailleurs vivement réagi, le président Mahmoud Abbas menaçant de revenir sur la reconnaissance d'Israël si une telle décision était appliquée. Le transfert de l'ambassade "non seulement priverait les États-Unis de toute légitimité à jouer un rôle dans la résolution du conflit, mais elle réduirait à néant la solution des deux États", a déclaré ce week-end M. Abbas au quotidien français Le Figaro.

Une conférence "futile" pour Netanyahu. pour La conférence de Paris, qui réunit plus de 70 pays et organisations internationales, devait réaffirmer solennellement l'engagement de la communauté internationale pour la solution à deux États, israélien et palestinien, vivant côte à côte en paix et en sécurité. Les deux principaux intéressés, dont le dialogue sur la paix est interrompu depuis plus de deux ans, n'y participent pas. Si les Palestiniens sont favorables à l'initiative française, Israël, violemment opposé à toute approche multilatérale du dossier, n'a de cesse de la dénoncer. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui avait fustigé vendredi une "imposture", est revenu dimanche à la charge, jugeant la conférence "futile".