Divorcés et homosexuels : finalement, l'Eglise ne s'accorde pas

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Divorcés et homosexuels : finalement, l'Eglise ne s'accorde pas
Les participants au synode sur la famille étaient réunis depuis deux semaines au Vatican.@ Reuters
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VATICAN - Le rapport final de la grande consultation sur la famille a été approuvé. Il a été "rééquilibré" pour tenir compte des avis conservateurs.

Le synode des évêques sur la famille convoqué par le pape François a approuvé samedi un rapport final, "rééquilibré" pour tenir compte des réticences des prélats les plus conservateurs, a annoncé le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi. Dans ce rapport intitulé "relatio synodi", aucun accord n'a été dégagé sur sur l'attitude de l'Eglise à tenir vis à vis des divorcés et des homosexuels.

Dans une première synthèse des débats publiée lundi, la reconnaissance d'"aspects positifs" dans les unions stables hors mariage et chez les homosexuels avait suscité une avalanche de réactions inquiètes de prélats, des Etats-Unis à l'Afrique.

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Un inventaire des problèmes. Le rapport final fait simplement un inventaire des problèmes très divers de la famille catholique sur les cinq continents, dont ceux de l'accueil dans l'Eglise des personnes en union libre, homosexuelles ou divorcées, dans le cadre du processus d'ouverture voulu par François, que redoutent les conservateurs. 183 pères synodaux ont participé au vote sur chacun des 62 paragraphes. Pour être approuvés, ces paragraphes devaient être votés aux deux-tiers.

Les unions libres présentent "des éléments positifs". Si "sur l'homosexualité, on a enregistré un stop", admet le biographe des papes Marco Politi, le document final est "le contraire d'une défaite" pour François. "Il a conduit le synode à s'ouvrir sur des arguments jusqu'alors tabou. À une grande majorité, les évêques ont reconnu qu'il y a des éléments positifs dans les cohabitations (hors mariage) et que la grâce de Dieu opère dans les vies des divorcés remariés".

Le document final reconnait le fondement sérieux des mariages civils, des mariages traditionnels et autres formes de cohabitation stables hommes/femmes, encourageant le clergé à les aider à aller vers un mariage religieux. "C'est un 'work in progress', l'Église a reconnu la valeur profonde des unions de fait et du mariage civil. Ce sont de grands pas en avant", affirme au quotidien La Stampa le théologien jésuite Antonio Spadaro, directeur de la revue Civiltà Cattolica.  

Pape François 1280

Trois paragraphes non validés. Trois paragraphes n'ont pas obtenu la majorité qualifiée. "Sur ces points, on ne peut considérer qu'il y a un consensus du synode. Mais cela ne veut pas dire qu'ils sont complètement rejetés", ont expliqué ensuite plusieurs porte-paroles. Deux des trois paragraphes concernent les divorcés remariés. Leur rejet illustre la division entre les évêques, entre ceux qui veulent le maintien de "la discipline actuelle" et ceux qui prônent "un accueil" limité des divorcés remariés aux sacrements. Ces paragraphes demandent qu'il soit tenu compte de "circonstances atténuantes", par exemple pour l'époux victime de l'échec de son mariage.

Le troisième paragraphe rejeté évoque "l'attention pastorale" aux homosexuels. Il affirme que ces "hommes et femmes doivent être accueillis avec respect et délicatesse" et ne doivent pas être victimes d'aucune "marque de discrimination". Le texte ajoute cependant qu'il "n'y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille".

Le mouvement LGBT divisé. "C'est positif que notre réalité ait été nommée", a admis Elisabeth Saint-Guily, coprésidente de David et Jonathan, mouvement français d'homosexuels chrétiens. "Même si le texte n'a pas été approuvé, ça va avoir des effets, le débat va continuer", a-t-elle jugé.

Le mouvement LGBT américain "Human Rights Campaign" s'est montré plus sévère : "une fois de plus, des membres de la hiérarchie catholique errent du côté de l'hypocrisie".

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Ses idées vont "mûrir", assure le pape. Le faible vote pour ces trois paragraphes signifie que leur formulation n'a pas satisfait certains pères synodaux, conservateurs mais aussi peut-être libéraux pour lesquels ils n'allaient pas assez loin. Le pape François a pris la parole, se déclarant confiant que l'année à venir permettrait de "faire mûrir, avec un vrai discernement spirituel, les idées proposées et trouver des solutions concrètes à tant de difficultés et innombrables défis". 

Le cardinal Christoph Schönborn archevêque de Vienne, a résumé devant des journalistes le changement intervenu en six jours: "ce texte est nettement plus réservé" que celui de lundi, notamment sur les homosexuels, en tenant compte notamment des oppositions des évêques de "pays de cultures très différentes", principalement en Afrique. "Il ne faut pas oublier que des évêques viennent de situations culturelles très différentes, où d'autres religions, par exemple l'islam, sont prédominantes, et où ce thème est un thème très délicat", a-t-il noté. "Des déclarations mal vues dans ces pays pourraient être un problème pour les pasteurs et pour l'Eglise. Mais il y a par ailleurs l'affirmation très claire" dans le rapport final qu'"on ne doit en aucun cas discriminer les homosexuels : c'est un message envoyé dans des pays où la peine de mort peut-être infligé aux homosexuels", a insisté le cardinal autrichien.