Séisme en Italie : "il faut s’attendre à plusieurs centaines de répliques"

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Tôt mercredi matin, l'Italie a été secouée par son plus violent séisme depuis 2009. Pour le géologue Jacques-Marie Bardintzeff, d'autres secousses peuvent encore suivre, mais beaucoup moins puissantes.

INTERVIEW

Le puissant séisme qui a frappé mercredi le centre de l'Italie a fait plusieurs dizaines de morts et de nombreux disparus, a indiqué en milieu de journée une responsable de la protection civile. Ce tremblement de terre de magnitude 6 a partiellement détruit au moins trois villages au nord-est de Rome. Dans les zones les plus touchées, l’ampleur des destructions n’est pas sans rappeler le drame de L’Aquila en 2009, où un séisme de 6,3 sur l’échelle de Richter avait fait plus de 300 morts.

Risque de répliques. "Le bilan humain d’un séisme n’est qu’indirectement proportionnel à sa magnitude et si le séisme est plus près de zones habitées il y a, bien sûr, plus de victimes", explique au micro d’Europe Midi Jacques-Marie Bardintzeff, volcanologue et géologue. "Il faut s’attendre à plusieurs centaines de répliques et, dans le cas de L’Aquila, ce fut plusieurs milliers de répliques."

Des tremblements de terre moins puissants. "Une réplique c’est un degré de magnitude en moins, donc ce serait de l’ordre de 5,2 ou 5,3, comme on en a déjà vu. Un degré en moins, c’est trente fois moins puissant, ce qui est plutôt rassurant", détaille le spécialiste. "Mais il y a des cas exceptionnels où les répliques sont équivalentes, voire un peu supérieures au séisme originel", avertit-il.

Tectonique des plaques. "L’Italie est à la limite des Alpes qui continuent à bouger. C’est aussi à la limite de l’Afrique et de l’Eurasie. Les géologues ont répertorié sept failles importantes dans cette région", souligne Jacques-Marie Bardintzeff qui précise que dans la zone, ce type de tremblement de terre se produit environ tous les quatre ans.

Impossible à prévoir. "On ne sait toujours pas prédire un séisme et ça ne se fera pas de sitôt, donc il faut être modeste", insiste le géologue. Néanmoins, des zones à risque ont pu être délimitées par les chercheurs italiens. "La seule solution, c’est de construire ou de reconstruire selon des normes parasismiques qui prennent en compte les séismes d’une magnitude de 6 à 6,3", conclut le spécialiste.