Près de 40 morts dans des incendies au Portugal et en Espagne

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Près de 40 morts dans des incendies au Portugal et en Espagne
Quelque 5.000 pompiers étaient sur le pied de guerre à travers le pays lundi. @ MIGUEL RIOPA / AFP
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Au moins 39 personnes sont mortes dans les feux de forêts qui font rage depuis dimanche au Portugal et dans la région voisine de Galice, en Espagne. 

Au moins 39 personnes ont été tuées par les feux de forêt qui continuaient lundi de ravager le Portugal et la région voisine de Galice, en Espagne, frappés par des mois de sécheresse et balayés par des vents violents au passage de l'ouragan Ophelia.

Un bébé d'un mois parmi les victimes. Ces incendies ont fait 36 morts dans le centre et le nord du Portugal, où sept personnes étaient portées disparues, et trois autres personnes ont péri en Galice, dans le nord-ouest de l'Espagne, selon les autorités des deux pays. "Il y a encore des équipes sur le terrain" pour tenter d'établir un bilan final, a déclaré la porte-parole de la protection civile portugaise, Patricia Gaspar, précisant qu'un bébé d'un mois figurait parmi les morts. Les centaines d'incendies qui se sont déclarés dimanche et lundi ont également fait 63 blessés, dont 16 graves, dans la population et parmi les pompiers.

L'alerte rouge prolongée. Le Portugal avait déjà connu à la mi-juin le feu de forêt le plus meurtrier de son histoire, qui a fait 64 morts et plus de 250 blessés, près de Pedrogao Grande, dans le centre du pays. Quelque 3.600 pompiers tentaient de venir à bout d'une cinquantaine de foyers encore actifs en début de soirée dont la moitié étaient jugés "importants". Malgré une nouvelle baisse des températures et la pluie prévues pour mardi, la protection civile a décidé de prolonger l'alerte rouge en vigueur depuis dimanche matin. "On attend de la pluie à partir de cette nuit, mais elle pourrait ne pas être aussi forte qu'on le souhaite", a expliqué sa porte-parole. Les autorités de la région espagnole de Galice, qui ont décrété trois jours de deuil régional, recensaient toujours une quinzaine de foyers actifs pouvant représenter un risque pour les populations et les habitations.

Des feux attisés par l'ouragan Ophelia. Ces incendies, dont une partie a "pour la première fois" traversé la "frontière naturelle" du nord du Portugal vers l'Espagne, ont été attisés par des rafales de vent allant jusqu'à 90 km/h liées à l'ouragan Ophelia, qui est passé dimanche au large de la péninsule ibérique en route vers l'Irlande, a souligné le chef du gouvernement régional de Galice, Alberto Nunez Feijoo. "Nous sommes frappés par une sécheresse sévère et le pays a été balayé hier (dimanche) par des vents très forts, en raison de l'ouragan Ophelia qui est passé tout près", a confirmé la ministre portugaise de l'Intérieur, Constança Urbano de Sousa.
Renforts d'Italie. Le Portugal a enregistré dimanche 524 incendies ou départs de feux, du jamais vu depuis 2006, a souligné le Premier ministre Antonio Costa, qui a déclaré "l'état de catastrophe publique" et trois jours de deuil national à partir de mardi. Confronté lundi à 200 départs de feu supplémentaires, ce pays a sollicité des renforts à ses partenaires de l'Union européenne, auquel l'Italie a répondu en acceptant de prêter deux avions bombardiers d'eau qui devaient arriver dans la nuit. "Lorsqu'il s'agit d'affronter une calamité de cette ampleur, il faut mobiliser tous les moyens et toute la solidarité européenne", a déclaré à Luxembourg le ministre portugais es Affaires étrangères, Augusto Santos Silva.

Piégés par les flammes. La plupart des victimes ont été piégées par les flammes dans leur voiture ou dans leur maison, ou pendant qu'elles tentaient en vain de sauver leurs exploitations agricoles. En Galice, deux personnes ont péri dans leur véhicule près de Nigran, tandis qu'elles essayaient de fuir, et un homme âgé a été retrouvé mort dans un hangar derrière sa maison, à Carballeda de Avia. Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a accusé lundi des incendiaires d'avoir été à l'origine de la majeure partie de ces feux meurtriers. "Ce que nous vivons ici, c'est quelque chose qui ne se produit pas par hasard, ça a été provoqué", a-t-il dit au cours d'une visite en Galice, sa région natale.