"Panama Papers" : ce que l'on sait sur ce scandale mondial d'évasion fiscale

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"Panama Papers" : ce que l'on sait sur ce scandale mondial d'évasion fiscale
Michel Platini fait partie des personnaltiés épinglées dans le scandale des Panama Papers@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Michel Platini, Lionel Messi ou encore Vladimir Poutine sont au cœur de révélations spectaculaires sur le système "offshore" de la finance mondiale.

L'ESSENTIEL

Les trois infos à retenir

  • Des journalistes du monde entier ont collecté, ensemble, des millions de documents compromettants

  • Des personnalités politiques ou sportives sont épinglées pour évasion fiscale

  • D'autres révélations sont à venir

Michel Platini, Lionel Messi, Vladimir Poutine et de nombreux chefs d'Etat et dirigeants mondiaux… Des dizaines de personnalités sont épinglées par des révélations sur l'évasion fiscale suite à une fuite massive de documents. Les "Panama Papers", obtenus par le journal allemand Süddeutsche Zeitung et traités par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), montrent comment une société permet aux riches de ce monde de placer leur argent dans la "finance offshore" (ce qui, selon les méthodes employées, n'est pas forcément illégal). Les révélations, qui s'annoncent explosives, vont se poursuivre tout au long de la semaine.

  • Les "Panama Papers", qu'est-ce que c'est ?

Il s'agit de la fuite la plus massive de l'histoire du journalisme moderne : 2,6 téraoctets de données, 11,5 millions de documents, plus de 200.000 sociétés-écran… Le Consortium international des journalistes d'investigation s'est emparé de ces données pour montrer comment la société panaméenne Mossack Fonseca permet aux riches de ce monde de dissimuler leur argent dans la "finance offshore".

Quelque 378 journalistes, dans plus de 70 pays, ont enquêté sur le sujet. En France, Le Monde et le magazine de France 2 Cash Investigation ont eu accès aux documents

>> Voici un extrait de l'émission :

  • D'où vient la fuite ?

Les documents ont été remis au Süddeutzsche Zeitung par une source dont l'identité n'a pas été divulguée aux autres médias participant à l'enquête. "L'authenticité des fichiers a toutefois pu être vérifiée à deux reprises, par la Süddeutzsche Zeitung et par Le Monde", précise lemonde.fr. Les autorités allemandes, britanniques et américaines ont eu accès à une partie de ces données. La France aussi se serait vue proposer l'achat d'une partie des Panama Papers.

  • Qui est concerné ?

Le choc est de dimension planétaire. Quelque 140 dirigeants politiques de plus de 50 pays ainsi que des personnalités de premier plan, parmi lesquels les footballeurs Michel Platini et Lionel Messi, sont mis en cause par le travail de l'ICIJ. Parmi eux, les Premiers ministres islandais et pakistanais, le président argentin Mauricio Macri, celui d'Ukraine Petro Porochenko, les familles dirigeantes de Jordanie, du Qatar, d'Arabie Saoudite ou d'Azerbaïdjan… Le Monde a également révélé comment l'entourage de Vladimir Poutine "a amassé pendant des années plusieurs centaines de millions d'euros puisés dans l'argent public, au service de l'oligarchie du régime." 

Les documents du cabinet d'avocats révèlent aussi des irrégularités chez des personnalités du monde sportif. Sont cités une vingtaine de joueurs de foot, évoluant notamment à Barcelone, au Real Madrid ou encore à Manchester United. Parmi eux le multiple ballon d'or Lionel Messi. Outre le football, d'autres sports comme le hockey et le golf sont également concernés, ajoute l'ICIJ. Des personnalités du monde du spectacle, comme le réalisateur espagnol Pedro Almodovar ou l'acteur Jackie Chan, sont également cités par le quotidien espagnol El Mundo

  • Et en France ?

En France, l'homme d'affaires Patrick Drahi, le sulfureux Ziad Takieddine, la Société générale et environ un millier de ressortissants français auraient également eu recours aux services de Mossack Fonseca. Cash Investigation évoque également les cas de Jérôme Cahuzac et Patrick Balkany.

  • Est-ce illégal ?

Recourir à des sociétés "offshore" n'est pas illégal en soi. En France, par exemple, ces sociétés sont autorisées si elles sont déclarées au fisc. Ainsi, "toutes les sociétés offshores des "Panama Papers" ne sont pas illégales ou opaques, certaines ont une activité économique véritable et déclarée ou ont été spécialement créées pour faciliter des investissements internationaux", explique Le Monde.

Mais le Panama est réputé pour être "un des centres financiers les plus opaques de la planète, qui sert notamment au blanchiment de l'argent du crime et de la fraude". Ainsi, "une grande majorité" de ces sociétés est utilisée "comme sociétés écrans, pour dissimuler des avoirs grâce au recours à des prête-noms", ajoute le journal.