Panama Papers : dans l'attente d'autres révélations, les pays demandent des comptes au Panama

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Panama Papers : dans l'attente d'autres révélations, les pays demandent des comptes au Panama
Gianni Infantino.
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Alors que d'autres révélations sont attendues, plusieurs pays commencent à demander des comptes au Panama et aux personnes incriminées.

L'ESSENTIEL

Alors que les révélations des Panama Papers continuent à faire des dégâts, plusieurs pays commencent à demander des comptes au Panama. Le cabinet d'avocats au cœur du scandale, Mossack Fonseca, lui a porté plainte après avoir constaté avoir été victime d'un piratage informatique.

Les principales informations à retenir : 

  • Le cabinet d'avocats va porter plainte après avoir constaté un piratage informatique dans ses services

  • La Bolivie, tout comme la France, a demandé à avoir accès aux Panama papers 

  • Giovanni Infantino, président de la Fifa cité dans le scandale, s'est dit "consterné" d'être mis en cause pour des contrats vieux de plusieurs années

Mossak Fonseca réplique. Le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, au cœur du scandale qui a éclaté dimanche, a indiqué mardi avoir été victime d'un piratage informatique opéré depuis des serveurs étrangers et avoir porté plainte à ce sujet. Il s'indigne également que les révélations sur les 11,5 millions de documents extraits du système informatique de son cabinet se concentrent sur ses clients les plus célèbres, au mépris du respect de la vie privée. "Nous ne comprenons pas. Le monde est déjà en train d'accepter que la vie privée n'est pas un droit de l'homme", a-t-il commenté.

La Bolivie veut accéder aux Panama papers. Le gouvernement bolivien a demandé mardi au consortium international de journalistes qui a révélé l'affaire des "Panama papers" des informations sur les entreprises ou personnalités boliviennes citées dans les documents sur le scandale d'évasion fiscale. "En tant que gouvernement national, ça nous intéresse de savoir comment ont eu lieu ces activités ou investissements qui impliqueraient des personnes physiques ou des entreprises de notre pays", a déclaré la ministre de la Transparence et de la lutte contre la Corruption, Lenny Valdivia. Lundi, c'est la France qui avait fait de même afin d'engager des poursuites judiciaires. 

Infantino "consterné". Après Lionel Messi et Michel Platini, une autre personnalité du football est impliqué dans les Panama papers : Gianni Infantino, tout frais nommé président de la Fifa. Le Suisse, alors directeur juridique de l’UEFA, a signé des contrats commerciaux douteux en 2006 et 2007 avec deux hommes d’affaires poursuivis dans le scandale de corruption de la Fifa, selon les informations du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Dans un communiqué, le patron de la Fifa s'est dit "consterné de voir son intégrité mise en doute" pour un contrat signé il y a plusieurs années. Mardi, les Panama papers ont fait une autre victime : Le Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson a démissionné de son poste, emporté par la pression de la rue outrée par les révélations sur ses placements dans des paradis fiscaux.

DSK visé ? La société d'investissement luxembourgeoise LSK, présidée par l'ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn jusqu'en octobre 2014, a créé 31 sociétés dans des paradis fiscaux, a affirmé mercredi Le Monde. Selon le quotidien, qui a eu accès aux documents provenant du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, LSK (Leyne Strauss-Kahn & Partners) a aidé des clients à ouvrir et à administrer des sociétés aux Seychelles, aux îles Vierges britanniques, au Panama et à Hong Kong via une filiale baptisée Assya Asset Management Luxembourg (AAML).

Des Français moyens impliqués.Le Monde révèle mercredi qu'au-delà des personnalités connues médiatiquement, un certain nombre de Français moyens ont eu recours au cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca. "Sur le millier de Français de ces 'Panama papers', 95 % sont des citoyens lambdas, aux profils et aux motivations bien plus divers que l’on pourrait l’imaginer à l’évocation de paradis fiscal et de finance offshore", écrit le quotidien. Parmi eux, des chefs d'entreprises, des artisans, des commerçants et même quelques fonctionnaires. Selon Le Monde, "La plupart des ayant-droits de sociétés offshore cherchent à échapper aux droits de succession, pour eux ou pour leurs enfants".

Le Panama se défend. Le gouvernement panaméen a répliqué mardi aux accusations du secrétaire général de l'Organisation pour la Coopération et le Développement Économique (OCDE), qui a qualifié le Panama de "dernier grand bastion" off-shore. Dans une lettre envoyée quelques jours après les révélations dites des "Panama papers" au chef de l'OCDE, Angel Gurria, le vice-ministre panaméen des Affaires étrangères, Luis Miguel Hincapié, affirme que "la stratégie d'ignorer les autres juridictions et de se concentrer uniquement sur le Panama est injuste et discriminatoire".