Offensive à Mossoul (Irak) : "on est dans une avancée très prudente"

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Didier François, spécialiste des questions de défense d'Europe 1, revient sur l'opération de reconquête de Mossoul, en Irak, lancée lundi matin. 

L'AVIS DE

Les forces irakiennes ont lancé lundi l'offensive pour reprendre la ville de Mossoul, dernier bastion du groupe État islamique (EI) en Irak. Selon les services de renseignement, ce sont entre 3.000 et 4.000 hommes de l'EI qui seraient à l'intérieur de la ville. "C'est beaucoup, car c'est un endroit qui est facile à défendre d'autant plus qu'ils ont eu deux ans pour se préparer, mettre des positions de combat, miner un certains nombres d'endroits, placer des snipers et préparer des attentats suicides ou des voitures piégées", explique lundi Didier François, spécialiste des questions de défense à Europe 1. "On est dans une avancée très prudente. C'est la première phase : l''observation. Les Peshmergas et les Irakiens vont tester les différentes défenses autour de Mossoul, elles vont avancer prudemment pour essayer de trouver le point faible. Quand le point faible sera trouvé alors ils mettront le paquet."

"L'EI a perdu plus de la moitié de son territoire". La prise de Mossoul est une étape décisive. La zone de l'EI s'étant déjà considérablement rétrécie. "On l'a vu avec la reprise successive en Irak de Falloujah, de Ramadi… Ils ont perdu plus de la moitié de leur territoire, plus particulièrement en Irak et même dans le nord de la Syrie", constate Didier François. "Ils sont sur le recul et surtout ils ont perdu énormément de cadres. Ils commencent à souffrir."

Objectif Raqqa. Mais la bataille contre l'EI n'est pas gagnée pour autant. "Mossoul, c'est très important, car c'est la plus importante ville qu'ils contrôlent et symboliquement car c'est là qu'Abou Bakr al-Baghdadi, à la tête de l'EI, a proclamé son califat", explique le journaliste. Mais Raqqa, en Syrie, reste l'objectif final, surtout pour la France. "Une fois que Mossoul sera tombée, les Irakiens se concentreront sur la sécurisation de l'Irak, or nos djihadistes sont plutôt de l'autre côté de la frontière, en Syrie."